Le fédéralisme européen pour survivre à court terme

Publié le par paskov

abyss.jpgCette semaine, nous jetons un regard dans les abysses. Le monde est insovable, complétement déséquilibré. Les dirigeants cachent leur incompréhension. La finance que nous avons laissé se démultiplier en quelques années, telle une ogresse, a trop dévoré, trop englouti. Elle est sur le point d'éclater. Malheureusement, elle se nourrit de notre économie réelle. Dans sa chute, elle nous emportera.

 

Le fédéralisme européen, les bonds du trésor européens, un ministre des finances de la zone euro: Toutes ces solutions improbables, moquées, méprisées, sont à ce jour à l'esprit de l'élite européenne: Jean-Claude Trichet, le patronat dans son ensemble, les anciens dirigeants (Rocard, Giscard d'Estaing, ect.), les think tanks et même les américains. Seule l'Allemagne, accablée d'une telle responsabilté dont elle n'a pas voulue, et quelques souverainistes résistent encore. Pourtant cette Union politique est irrésistible car elle est désormais la seule solution envisageable. Ainsi le fédéralisme européen s'apprête à naître dans la douleur, dans la panique, alors que nous aurions dû le construire dès les années 90.

 

Une fois cette étape franchie (très probablement lors d'un sommet extraordinaire, tard dans la nuit, sous les mines épuisées), nous ne serons pas sauvés. Nous aurons tout juste gagné un peu de temps. Car le système sera toujours insolvable et nulle croissance, nulle incroyable innovation technologique ne nous permettra de combler les trous sans fond dont avons hérité.

 

Un grand retour sur terre, un retour à la réalité va s'opérer. La seule question qui se pose est: de quelle manière? La restructuration de la dette globale, si elle a lieu de manière forcée et désordonnée, causera des maux qu'il est difficile d'imaginer aujourd'hui: défauts de paiement en série, bank runs (les citoyens vident leurs comptes), arrêt des prêts en tout genre, inflation vertigineuse, chômage de masse. Notre civilisation occidentale qui vit dans l'opulence depuis les trentes glorieuses ne se souvient plus de telles situations qui remontent aux guerres mondiales. Comment va t'elle réagir? Pour avoir un avant-goût, il suffit de discuter avec les espagnols, déjà durement touchés. Leur pessimisme est "toxique".

 

L'Union Européenne n'a pas vidé toutes ses cartouches. L'appel d'air qu'est la solution fédérale nous laissera un peu de répit. Nous allons devoir profiter de ce peu de temps pour organiser une restructuration ordonnée, au moins à l'échelle de notre continent si les autres n'écoutent pas. La finance représentera à nouveau l'économie réelle et ne sera plus la cause de risques systémiques. Une masse d'argent sera disponible et réinjectée dans le circuit d'une économie viable: salaires investissements durables et productions locales. Sans rejeter l'économie de marché, ni les échanges entre nations du monde, un nouveau système économique devrait éclore, privilégiant la classe moyenne, respectant l'écosystème dont nous faisons partie. Si nous refusons d'utiliser la solution fédérale pour changer de système, et continuer "business as usual", alors tous ces efforts n'auront servi à rien.

Publié dans Actualite de la crise

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