Une certaine incertitude

Publié le par paskov

Comme le fait remarquer le canard, les éditorialistes, les journalistes financiers et autres "experts" ont du mal à suivre le rythme. u4673 06Le plus inquiétant demeure le pilotage de nos élites dans un brouillard aussi épais que celui de Smolensk. En réalite, la seule certitude est que personne ne peut prévoir ce qui va se passer. La raison en est très simple: Notre génération, même la tranche la plus agée, n'a jamais connu une telle situation.

 

Pas de référence

 

Le principal point de référence dans les discours et les journaux reste la grande dépression de 1929, mais les interconnections dans l'économie mondiale se sont démultipliées depuis à un niveau dont il est difficile de saisir l'ampleur. Certains historiens/economistes choisissent des références encore plus anciennes comme la "longue dépression" de 1880 survenue après un krach a Vienne ou la crise de la tulipe en 1634 à Amsterdam qui relate la folie spéculative sur la vente et la production de bulbes. Ces tentatives de trouver l'exemple le plus pertinent dans l'Histoire, même si elles sont indispensables à la réflexion, semblent vaines.

 

Pas d'instruments de mesure

  

Le plus grand flou règne dans les statistiques, dans la jungle des indices boursiers et dans les comptes des banques et des Etats qui mentent souvent par omission. Par exemple, les banques allemandes détiendraient encore 800 milliards d'actifs toxiques dont il faudrait se débarrasser au plus vite. Le montant est apparemment encore sous-estimé. De plus, il n'existe aucun chiffre précis sur l'exposition des banques aux risques d'un défaut de paiement des pays du sud. On est pas à 100 milliards prés!

  

Et ne parlons pas des chiffres du chômage qui sont des chefs-d'oeuvres du bricolage avec des radiations par-ci, du chômage-partiel par-là. Seul le taux chômage des jeunes, quand il explose, a plus de mal à masquer une triste realite: 22% en France, 30% en Italie et 40% en Espagne.

 

Pas de solutions

 

Le risque est logiquement la faillite complète de nos élites qui sont incapables de s'approprier de nouveaux modes de pensée. Il en résulte une foule de solutions, d'annonces et de recommandations toutes plus contradictoires les unes que les autres. Les mesures d'austérite - celles que les agences de notation ont reclamé tout en dégradant sans scrupules les notes de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne - sont devenues l'une des principales craintes des marchés qui prédisent un nouveau plongeon dans la récession.

 

L'euro chute: les intellectuels debattent de sa survie. L'euro est faible: c'est une excellente nouvelle pour nos exportations s'écrie la ministre des finances française! Le patron du FMI et les allemands tempèrent en soulignant que c'est la rapidité de sa chute qui est inquiétante.

 

Parfois le plus ridicule se trouve dans l'absence totale de réponse. A la question: Où trouver les moteurs de la croissance en Europe pour s'en sortir? La Commission Européenne repond: Regardez la stratégie 2020! L'ère du "Digital", du "Smart", du "Knowledge", de la "Flexibility" dans laquelle nous souhaitons entrer va tout régler.

 

Les solutions les plus radicales comme l'interdiction des activités purement spéculatives, la création d'une nouvelle devise internationale et un meilleur équilibre des échanges commerciaux semblent presque impossibles à mettre en oeuvre dans le contexte d'une Europe très intergouvernementale et en l'absence d'une gouvernance mondiale.

 

Cet article ne mène à rien, et c'est justement là où je veux en venir.

Publié dans Actualite de la crise

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