True Grit

Publié le par paskov

Le western est l'un des genres essentiels du cinéma, qui a vu naître de véritables perles, devenues partie intégrante de notre culture. Quand un réalisateur ou un scénariste décide de s'y atteler, il doit prendre en compte certains codes: l'authenticité, la cruauté de la nature, la lutte pour la survie, une société en construction, le thème de la vengeance. Ce respect pour le genre transpire dans chaque plan du dernier film des Frères Coens, True Grit (littéralement le véritable cran, mais "grit" signifie également la poussière, le sable). Il est plaisant de retrouver les belles atmosphères clair-obscures de No Country for Old Men au service d'un western. L'histoire de la vengeance d'une jeune fille de 14 ans n'est qu'un prétexte pour créer de magnifiques personnages dont les Coens s'amusent à en esquisser les multiples facettes. Le rythme relativement lent  du début permet de rentrer dans leur vie quotidienne, laissant à peine présager les fulgurances de violence qui s'abatteront sur eux. Le vieux Cogburn, interprêté par Jeff Bridges, en ours mal léché, ivrogne, gros, qui peine à traîner sa carcasse, va progressivement se réveiller. Il est à la fois cruel, égoïste, brutal, et finalement noble. Suivre ses changements d'humeur est un vrai plaisir, par exemple lors d'un shooting contest. Par petites touches, on retrouve l'humour absurde et ironique des Coens, mais le respect du genre prend toujours le dessus. On sort de la salle avec le sentiment que ces personnages ont bel et bien existé. En réalité, ils subsistent en nous. C'est bien ça, la magie du cinéma.

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Publié dans Cinema

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