Shame

Publié le par paskov

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Shame est un film qui réussit à saisir l'essence de notre société contemporaine: le plaisir triste. Les personnages déambulent dans un monde de glaces à l'esthétique si belle et envoûtante. Tout est transparent, on peut voir ce qui se trame chez ses voisins sur d'immenses baies vitrées, dans les bureaux, sur les écrans d'ordinateurs. Pourtant, ce qui se passe dans les têtes reste désespérement obscur. Un désir brûlant qui doit sans cesse être assouvi. Michael Fassbender semble avoir laissé son âme sur la pellicule . Il ne joue pas, il est, entier, nu. Bien que son personnage soit malade, drogué par le plaisir, il demeure universel. La société dans laquelle nous vivons nous pousse à assouvir nos désirs le plus rapidement possible, à nier toute forme de responsabilité envers l'autre, à ne se consacrer qu'à sa propre personne. Une nouvelle espèce de narcissisme paroxystique et contagieux est née.

Le retour à la réalité n'en est que plus brutal. Quand apparaît à nouveau un corps féminin, mais que celui-ci est différent. Quand il n'est plus un objet à consommer, mais une soeur. Une âme proche dont il faut s'occuper, avec qui il faut parler, trouver des compromis. D'un seul coup, la douleur la plus vive et la quête du plaisir éphémère reprend de plus belle. Une fuite en avant dont le film ne dit quand elle pourrait s'arrêter.

Publié dans Cinema

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