Réunir les conditions pour le développement du Gabon

Publié le par paskov

Article réalisé avec la collaboration d’Emeno Rosira, Chef de service Ressources Humaines à la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNI) au Gabon. 

 

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Conscients de la richesse et du potentiel de leur pays, les gabonais souhaitent bénéficier des perspectives de développement et y jouer un rôle actif. La liste des objectifs à atteindre est encore longue et il est indispensable de les garder à l'esprit. 

 

Réforme de l’Etat

Du fait d’une situation d'économie de rente, le secteur public est le premier employeur du pays. Au lieu de se satisfaire d'une telle anomalie, cet important corps de fonctionnaires pourrait contribuer au développement du pays. Il est nécessaire de créer un environnement qui conditionne les fonctionnaires à la culture de la réalisation d'objectifs précis: réforme du secteur de l'éducation, projets d'investissements, renouvellement des infrastructures, du secteur de l'énergie (voir les points suivants). Tous ces domaines d'activités sont naturellement interdépendants et devraient faire partie  d'une stratégie globale ayant pour but principal de sortir de l'économie de rente.

 

Qu’on fait les Etats « émergés » pour le devenir ?  Ils ont mis en œuvre une bonne gouvernance financière:

- Réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat, parfois aberrantes quand on admire le vaste parc de 4x4 à la disposition des hauts fonctionnaires...

 - Agir pour augmenter les recettes de l’Etat : Une grande réforme fiscale est nécessaire, tant pour l'efficacité des prélèvements que dans le calcul des taux et de l'assiette des différents impôts. D'autre part, un audit des réserves financières du pays devrait être réalisé à grande échelle au vu des recettes que produisent les ressources naturelles et minières. 200 entreprises implantées sur le territoire sont répertoriées comme ayant des chiffres d’affaire dépassant de plus de 2,5% le budget de l’Etat gabonais, mais quelle part revient à l'Etat?

- Exiger moins d’opacité budgétaire dans la présentation des budgets de fonctionnement et d’investissement des différents ministères à l’Assemblée Nationale ;

- Pallier au déficit de communication des ministres sur leur action afin d’améliorer la lisibilité par les citoyens de leur action.

 

 

L'éducation

Uni-gabon.jpgComme dans le reste de l'Afrique, la priorité absolue devrait être l'éducation. L'ignorance empêche l'émergence. Le niveau de l’éducation supérieure et des formations techniques est encore trop faible au Gabon. Quand les familles en ont les moyens, de nombreux jeunes préfèrent partir se former dans les universités d’autres pays africains, notamment au Bénin, et bien sûr en Europe. Les 60% d’emplois non pourvus par l’office national de l’emploi démontrent un terrible besoin en formation. Les gabonais ne sont même pas suffisamment formés dans certains domaines de base, notamment dans les métiers de la plomberie, de la mécanique ou de l’électricité pour lesquels, souvent, seuls les étrangers disposent des compétences nécessaires. Annoncé en grande pompe il y a trois ans, les premières pierres pour la construction de nouvelles écoles supérieures et universités technologiques notamment à Libreville et à Port-Gentil ont été posées. Depuis, ces projets semblent à l'arrêt!

 

 

Les infrastructures

 - Logement:

Un autre problème à traiter d'urgence est l'insuffisance manifeste de logements. Dans le centre-ville, Libreville a l’apparence d’une ville moderne, avec ses voies rapides, ses grands immeubles et sa promenade du bord de mer. Si on s’aventure à la périphérie, certains quartiers, rattachés de manière anarchique, sont de véritables bidons-villes. Il manque en effet beaucoup de logements et la population croît rapidement. En 2009, Le gouvernement avait promis 5.000 logements sociaux par an, soit 10 000 logements qui n'ont toujours pas été construits à ce jour

Ni l'Etat, ni la multinationale Veolia via la SEEG (Société d'Energie et d'Eau du Gabon) ne prennent réellement en compte l'évolution de la démographie et la situation des espaces habitables en matière d'approvisionnement en eau et en électricité. Même dans les meilleurs quartiers de Libreville, les habitants subissent incessamment des délestages d'électricité et des coupures d'eau qui troublent la vie quotidienne et provoquent la perte de matériels électro-ménagers si chèrement acquis dans de nombreux foyers. Si la situation ne s'améliore pas, il faut s'attendre à des troubles sociaux et à la multiplication des actions en dommages et intérêts.

 

- Réseau routier:

Dès qu’on sort de la capitale, on constate l’inexistence d’un réseau routier digne de ce nom. Quelques routes relient les principales villes du pays : Lambaréné, Oyem et Franceville. Port-Gentil, la deuxième ville du pays n'est accessible que par la mer ou voie fluviale. Quand on s’écarte de ces axes principaux, il ne reste que des pistes difficilement praticables, voire impraticables pendant la saison des pluies. Il est urgent que l’Etat gabonais utilise son budget de manière plus efficace et moins opaque pour se concentrer sur les nombreux besoins en infrastructure.

 

- Le transport maritime:

Golfe_de_Guinee432.jpgDe longue date, le Gabon a servi de terre d’accueil à des milliers de citoyens issus de certains pays du golfe de  guinée alors en bute à des difficultés de tout ordre, ce qui a favorisé une certaine mixité et de nombreux échanges culturels. Les pays du golfe - dont certains sont devenus des puissances pétrolières (Guinée équatoriale, Cameroun, etc.) - s’activent pour organiser leur développement et sont devenus fortement consommateur de services de transport. Par son histoire et sa situation géographique, le Gabon ne peut rester en marge de cette dynamique régionale.

En 1978, l’Etat gabonais crée la Compagnie Nationale de Navigation intérieure et internationale (CNI), un établissement à caractère industriel et commercial mais demeure aujourd’hui paralysée par le manque de capacité à pouvoir assurer de façon satisfaisante ses missions de base de transporteur économique et social des passagers et de fret classique, dans un contexte de marché ouvert et âprement disputé.

La prise en compte de cette approche d’ordre stratégique doit conduire l’Etat gabonais à soutenir la CNI afin qu'elle s’arroge des parts du marché de transport régional (Douala, Sao-Tomé, Malabo) et interrégional (Cotonou, Lomé, Ghana,…) qui vise tant le trafic passagers que celui du fret.

Publié dans Afrique Potentielle

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