Resident Evil 8 : Debt crisis

Publié le par paskov

La crise de la dette souveraine et la crise de la dette privée sont consanguines. La première renforce la seconde, qui à son tour renforce la première dans une spirale infernale. Emportés par le grand Tsunami du désendettement privé et public, les banques, les Etats, les entreprises et les épargnants de tout poil s’obervent mutuellement dans la plus grande méfiance.

 

"Toi qui me dois de l’argent, es-tu encore solvable ?

- Oui, ne t'inquiètes pas, je suis solvable. Mais c'est étrange, je me posais la même question à ton sujet ! "

 

resident_evil_4_ps2.jpgLorsqu'un virus très infectieux est en train de décimer la population, chacun est suspect. La paranoïa est telle que les débats au plus haut niveau font rage. Les Etats estiment que les banques ne pourront pas absorber le choc d’une décote de la dette grecque. Ils entreprennent donc de recapitaliser les fleurons européens. Craignant des contraintes légales supplémentaires, les banques s’indignent : nous sommes solides, proposer une telle idée est absurde ! C’est la dette publique qu’il faut régler prioritairement dit en substance Josef Ackerman, le patron de la Deutsche Bank. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, estime que les banques françaises ont besoin de moins de 10 milliards. En effet, pour éviter la recapitalisation, elles préfèrent réduire leur dimension en limitant leurs opérations (moins de crédits pour les entreprises et les gens!) et en licenciant des milliers d'employés.

 

En réalité personne ne sait quels sont les besoins exacts. Le fonctionnement des banques et des marchés est si opaque et si interconnecté depuis des années que l’estimation des besoins de refinancement relève de la haute voltige. Les zombies s'entredéchirent sur les détails techniques. Ils sont morts parce que déjà-insolvables, vivants parce qu'ils ne s'en rendent pas encore compte.

 

Plus amusant encore, le relèvement des réserves du FESF, le fond de sauvetage qui doit contenir la contagion de la crise des dettes souveraines à l'Italie et à l'Espagne, sera également décidé au pifomètre. Un idéal compromis se dessine entre la position française "le plus possible!" et la position allemande "le moins possible!". Comme les Etats n'ont plus les moyens de réunir une telle somme, ils comptent sur l'effet de levier. Sur les bons conseils de l'administration Obama, il suffit de démutiplier magiquement les fonds comme un CDO du meilleur cru, un produit dérivé!


Si la "magie" n'opère pas, il est déjà question de recueillir les garanties des pays autrefois en voie de développement, notamment la Chine et le Brésil, qui proposent généreusement leur aide. Ils tentent d'empêcher l'effondrement total car ils souhaitent continuer d'exporter leur production vers l'Europe. Nous ne sommes plus très loin de l'aide humanitaire et de l'humiliation suprême. 


Avec l'impossibilité de refinancer les créanciers, commencera le jeu de massacre. De nombreux zombies passeront alors de l'état de mort-vivant à l'état de mort-mort. Resident Evil 8: Debt crisis. Très prochainement sur vos écrans. Ca va dézinguer!

Publié dans Actualite de la crise

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Julien S 08/11/2011 15:29


Christian Noyer a manqué à son devoir de transparence et d'impartialité depuis le début de la crise. Un dossier étoffé y est consacré dans mon blog.