Quand les "gens" se moquent des "puissants"

Publié le par paskov

Le niveau d’abstention des élections régionales ne doit pas faire oublier que la France n’est pas la seule à subir un désintéressement profond, voire une défiance de la population face à la classe politique en général. C’est le sentiment que voter “ne changera rien” qui prédomine un peu partout.

 

En Allemagne les élections de l’année dernière n’ont guère passionné, laissant Angela Merkel victorieuse sans rival, même avec un score pitoyable de la CDU.

 

Aux Etats-Unis, les démocrates prendront une belle claque aux élections partielles de mi-mandat en novembre 2010, sans pour autant donner aux républicains une victoire éclatante. C’est surtout une majorité silencieuse, incarnée par le Tea party, une formation libertarienne d’extrême droite très particulière rejetant toute forme d’autorité, qui dévore chaque mois des points dans les sondages. Le BostonTea party était un mouvement d’opposition à une taxe sur le thé imposée par le gouvernement britannique à la fin du 18eme siècle, quand le pays était encore en formation.


En Angleterre, se dessine déjà le résultat des élections de mai prochain, selon lequel ni les tories, ni le labour n’auront de majorité confortable pour conduire des réformes sans éviter de futures guerres parlementaires. Finalement, les anglais ne semblent faire confiance ni aux uns, ni aux autres.

 

En Pologne, c’est une vraie tradition qui commande d’insulter ceux qui sont au pouvoir et de se désintéresser des élections, malgré une légère amélioration récemment. Les experts sociologues de tout poil affirment qu’il s’agit surtout d’un manque d’éducation civique après 50 années de communisme. Le même genre d’argument que l’on avance lors des élections européennes: Ils ne votent pas, parce qu’ils manquent d’information et d’éducation sur l’Europe. Mais est-ce la seule raison?

 

On ressent donc une très grande désillusion chez les peuples du monde occidental, sans doute plus profonde que pendant les dernières décennies, car à chaque fois, les taux d’abstentions atteignent des niveaux “historiques”. Les voix restantes se repartissent alors entre les partis traditionnels qui deviennent de moins en moins représentatifs. Il semble que pour la très grande majorité, il ne faut plus rien espérer de “ceux d’en haut”, il faut au contraire se débrouiller seul ou en famille. D’ou la résurgence de valeurs que l’on pensait avoir étouffé, mais qui s’imposent à nouveau d’elles mêmes. En Espagne, le rejet des immigrés devient extraordinairement fort et de fait, déjà banal.


Seuls les partis nationalistes, et dans une moindre mesure, quelques partis bobos verts arrivent à des scores honorables, mais sont-ils vraiment représentatifs d’un quelconque mouvement de fond? Non, le vrai mouvement de fond est ce manque de confiance généralisé. Il ne reste simplement qu’à se demander si ce silence assourdissant prendra un jour une autre forme

Publié dans Actualite de la crise

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