Pourquoi les jeunes ne se révoltent pas (encore)?

Publié le par paskov

Les chiffres officiels de la Commission Européenne sur le chômage des jeunes en Europe donnent le tourni (2011): Seul un tiers des jeunes sont employés de manière stable. 1 jeune sur 3 n'a pas eu de travail pendant plus d'un an. 1 jeune sur 5 risque de tomber dans la pauvreté et l'exclusion sociale.

 

Au-delà du chômage, on assiste à une véritable fuite du continent: Le gouvernement portuguais a expressément conseillé aux jeunes du pays de quitter l'Europe. L'Espagne redevient un pays d'émigration avec des milliers de jeunes partant pour l'Amérique latine. En 2011, 120.000 jeunes talents ont quitté l'Italie.

 

La situation est bien entendue meilleure dans les pays du nord, mais elle n'est pas rose non plus. Il est plus facile de trouver du travail en Allemagne et en Suède, mais les salaires sont bas et les contrats à temps partiel. Malgré l'accès à un travail, la pauvreté s'est accrue ces dernières années.

 

La jeunesse est ce qu'une société a de plus précieux. Les risques de se retrouver avec une génération entière sans expérience, ni richesse, ni motivation sont considérables: baisse de la démographie, récession prolongée, manque de solidarité intergénérationnelle, effondrement du système économique et social.

 

revolution-tunisie.jpgArrivé à un tel stade, on peut se demander pourquoi les jeunes européens sont aujourd'hui aussi passifs par rapport au monde dans lequel ils évoluent. On est loin des années 60-70, des mouvements anti-guerre et pour la liberté d'expression. Tous les éléments sont pourtant réunis pour une belle explosion sociale comme lors du printemps arabe.

 

En Europe, les filets de sécurité sociaux jouent naturellement un rôle essentiel: Les allocations chômage, RSA, bourses, etc... Plus important encore, les transferts intrafamiliaux. Il est difficile de trouver des chiffres en la matière car il s'agit d'une microécomomie très informelle. Cependant, il est évident que la génération des baby boomers ont financé et continuent à financer en grande partie les études, la recherche de travail et l'hébergement de leurs enfants. Du moment que l'argent continue à circuler de cette manière, les "indignés" resteront très sages.

 

La question est de savoir combien de temps cette solution pourra encore tenir, en lieu et place d'une économie saine.

 

 

A lire, un article d'Eurointelligence

Publié dans Actualite de la crise

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