Objectif AAA

Publié le par paskov

Le maintien de la notation "AAA" par les agences Fitch, Mood's et Standard & Poor's semble être désormais le seul objectif des Etats Européens. Un triple A permet en effet d'obtenir les meilleurs taux sur le marché des obligations souveraines et de se financer ainsi à moindre coût.

 

Comme l'a annoncé le ministre du budget francais, les mesures d'austerité que prend le gouvernement sont précisement censées répondre aux critères du AAA. La réforme de la retraite, la réduction des effectifs dans la fonction publique, les coupes dans les budgets de l'éducation et de la santé, etc.

 

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Le gouvernement espagnol a adopté un plan d'austerité sans précédent dans l'histoire, lui aussi dans l'espoir de faire baisser les taux d'intérêt de sa dette qui n'en finissent pas de grimper. Manque de chance! La semaine dernière, Fitch a degradé de la note AAA à AA+ avec une perspective négative.

 

David Cameron ne prend plus de gants et prévient que ses concitoyens devront "souffrir" pendant sans doute plusieurs années, voire dizaines d'années.

 

L'Allemagne s'apprête à réduire les aides du programme Hartz-IV, les allocations familiales (alors que les allemands semblent ne plus avoir envie de faire d'enfants) et le soutien aux PME.

 

Entre-temps on peut rappeler que la Grèce, malgré le plan de sauvetage et les milliards qui ont déjà été deversé, a toujours une note considerée comme "pourrie". Elles ont un certain sens de l'humour ces pernicieuses agences!

 

Le futur gouvernement économique de l'UE, dicté par les allemands qui prévoit une meilleure surveillance budgétaire et la coordination des politiques économiques - entendez par-là, un régime sec coordonné - rentre naturellement dans cette même logique. La principale crainte des gouvernements est d'ailleurs la future note du fameux SVP (Special Vehicule Purpose). Cette entité juridique luxembourgeoise, gerée par la Commission Européenne, va accueillir 500 milliards de prêts de nationaux afin de sauver les pays du sud de la banqueroute. On imagine déjà les agences simplement refuser le AAA et se rouler par terre en affirmant que le montant n'est de toute façon pas suffisant.

 

Ces agences ont demandé aux Etats de démanteler leur modèle social, jugé complétement "perimé". Quand la dégradation des notes a continué de plus belle, elles ont alors affirmé de concert avec les investisseurs que ces cures imposées pourraient bien achever le malade et nous faire repartir dans la récession. Et ils ont raison! Mais quelle audace, on ne peut être qu'admiratif. Nous nous retrouvons sur la scène du théâtre de l'absurde jouant une pièce style Ionesco et dont ce n'est que le premier acte.

 

Hé oui, le AAA c'est aujourd'hui la seule stratégie court-termiste de nos bienveillantes élites alors que le chômage poursuit son ascension. Dire qu'avant 2008, les subprimes, ces prêts qui ne valent absolument rien et qui ont provoqué un crash financier planétaire, étaient notés AAA...

Publié dans Actualite de la crise

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L'enfoiré 09/06/2010 18:43


Les agences de notations sont dans le collimateur.
Elles qui ont fait la pluie et le bon temps en Bourse.
Il fallait toujours qu'il y ait, un jour, un retour de flamme.
Votre réveil était bon chez Paul.
Lui a subit ma mauvaise humeur du jour.
Comme quoi, en cherchant bien, il y a toujours un enfoiré qui sommeille.