Notre Impuissance

Publié le par paskov

L'actualité déborde ces dernières semaines et il devient délicat de prendre du recul. Néanmoins un sentiment général d’impuissance face à différentes forces, humaines et naturelles, semble se dégager.

 

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 Notre impuissance face aux événements géopolitiques


Naturellement, il est légitime de vouloir protéger les innocents contre la barbarie d'un régime autoritaire. Dans son principe, cette intervention sous résolution de l'ONU est tout à fait justifiée, même si le texte de la résolution est interprété très « militairement » (On bombarde tout ce qui bouge !). Par contre, le contexte dans lequel cette guerre s'inscrit et les conséquences qui pourraient en résulter ne permet en aucun cas de fanfaronner. Non, il faut au contraire faire profil bas, surtout aux yeux du monde arabe, car nous sommes en réalité complètement impuissants, presque pathétiques.

 

L'attaque sur la Lybie semble être la dernière tentative de rétablir le contrôle dans cette région qui nous échappe depuis l'étonnante accélération de l'Histoire. Après une série de révolutions au Maghreb et au Proche-Orient qui provoquent l'effondrement des régimes que nous soutenions, cette attaque de la France, de l'Angleterre et des Etats-Unis ressemble au dernier souffle d'un asthmatique. Ils n'avaient rien vu venir en Egypte ni en Tunisie. Une famille d'origine tunisienne appelant leurs parents au pays pouvait être bien mieux informée que les diplomates du quai d'Orsay. Ils tentent donc à présent de maladroitement reprendre la main.

 

Il est difficile d'oublier que les membres de cette coalition négociaient des contrats militaires depuis le début des années 2000 avec le régime de Kadhafi, se disant que le fils prendra la relève tôt ou tard. Diplômé, de la London School of Economics, Saif Al-Islam, était considéré comme le plus modéré et le plus ouvert au business. C'est finalement lui qui déclare que la Lybie se battra jusqu'à la dernière balle

 

Il est également difficile d'imaginer sur quoi peut déboucher cette intervention quand nous ne proposons qu'une aide symbolique à la Tunisie et à l'Egypte en situation de chaos politique, alors que les missiles qui se déversent sur la Lybie coûtent des milliards.

 

 

Notre impuissance face à l'atome

 

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Le nucléaire est une technologie très jeune, nous sommes encore loin de maitriser l'atome. L'image des équipes japonaises versant de l'eau de mer sur des réacteurs en surchauffe restera l'un des symboles de notre impuissance face a cette force inquiétante car invisible, comme l'ont été les "liquidateurs" de Tchernobyl. 6 réacteurs d'une centrale sont condamnés a jamais. Le Japon vient sans doute de perdre une portion de son territoire pour des centaines de milliers d'années. Combien de temps avant que la pose d'un sarcophage ne soit proposée?

 

Les Japonais sont a présent mûrs pour repenser leur rapport de leur société à la nature et à l'énergie. Leur travail de réflexion ne fait que commencer. Pourquoi se braquer et ne pas réfléchir avec eux?

 

 

Notre impuissance face à la crise économique

 

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La crise européenne repart de plus belle avec l'annonce du sauvetage du Portugal en pleine crise politique. Les experts nous répétaient que l'Irlande n'était pas la Grèce, que le Portugal n'est pas l'Irlande. Attendez-vous à bientôt entendre que l'Espagne n'est pas le Portugal. A ce moment, on passera aux choses sérieuses car la dimension de l'Espagne nécessitera un sauvetage d'une dimension gargantuesque. Soit La zone euro éclatera dans le sauve-qui-peut général, soit nous ferons le grand saut fédéral qui se présentera comme la solution la plus sensée dans un monde de facto globalisé. Le comportement de l'Allemagne sera naturellement décisif…

 

Ce grand saut fédéral devra se concrétiser par:

- De véritables politiques européennes en se concentrant sur les secteurs qui produisent la richesse. Il ne s'agit pas d'être uniquement "smart" et "green" comme le propose la Commission Européenne.

- Un encadrement de la finance pour récupérer au moins une partie des milliards qui flottent au dessus de nos tètes et ne retombent jamais dans l'économie réelle.

- Une refonte complète du système bancaire européen, la vraie origine de la crise. Pourquoi ne pas penser a des nationalisations? (L'Irlande n'a pas eu d'autre choix, autant le faire des maintenant).

- Une consolidation des budgets des Etats en douceur. Provoquer une nouvelle récession par des intenses mesures d'austérité en faisant sauter "les stabilisateurs automatiques" (les prestations sociales) n'est pas très malin… Le demi million d’Anglais qui a manifesté à Londres samedi dernier, les députés de l’opposition qui ont provoqué la chute de Socrates au Portugal et les Grecs le confirmeront.

 

Oui, c'est plus facile à dire qu’à faire!

Publié dans Réflexions

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Théodore 28/03/2011 21:04


J'ai apprécié ton article lucide. On a plus que jamais l'impression d'assister passivement aux différents évènements ici et là.

Pour la forme, je voudrais juste te rappeler au passage que les gentilés prennent la majuscule pour le substantif. "les Japonais", "les Anglais", etc.