Les gouvernements d'union nationale

Publié le par paskov

marine-signature-illisible-600.jpgNous y sommes! Les gouvernements d'union nationale commencent à naître dans la panique générale. Cette spécialité africaine, qui sert à sortir les pays de la guerre civile en rassemblant les différentes ethnies, les rebelles et le régime en place, est sur le point de devenir à la mode en Europe. Sous la pression de la France et de l'Allemagne,  le premier ministre Georges Panpadréou et le leader de l'opposition Antonis Samaras sont parvenus à se mettre d'accord sur le principe d'un gouvernement d'union nationale, auquel ne participera pas Papandréou.

 

La naissance de gouvernements d'union nationale est inévitable quand aucun actuel parti de gouvernement en Europe n'a de solution pour sortir de la crise. Les différences entre les positionnements politiques sont cosmétiques: "trouver un juste chemin entre la réduction des déficits et le maintien de la croissance et de l’emploi" s'exclament-ils tous en choeur. L'absence de réflexion sur un autre modèle économique que celui que nous connaissons depuis la seconde guerre mondiale nous a conduit dans une impasse. Alors que les concepts  de PIB, de croissance, de consommation, de prêts à intêrets et de travail doivent être repensés, les dirigeants de tous bords appliquent des méthodes dépassées. Ils mettent en oeuvre l'austerité generalisée dans l'urgence, même si les faits démontrent qu'en l'absence de croissance (la Société Générale vient de réviser à 0% la croissance de la zone euro en 2012) les efforts consentis seront aussitôt effacés par l'absence de recettes et l'augmentation des taux de la dette souveraine le mois suivant.

 

Mécaniquement les gouvernements d'Union nationale favorisent les partis politiques qui proposent une autre voie. Les profiteurs seront naturellement les partis d'extrême droite qui joueront les arbitres dans de nombreux pays. Plus surprenant, de nouveaux partis, comme le parti des pirates en Allemagne, connaissent un succès fulgurant. Ces spécialistes de l'internet libre pour tous viennent d'entrer à l'assemblée parlementaire du Land de Berlin. Ils sont par contre moins clairs sur les sujets sociaux et l'avenir de l'UE. Etonnament, les partis d'extrême gauche ne semblent pas profiter de la crise, peut-être en raison de leur historique ouverture internationaliste quand la tendance est au repli sur soir.


Ces gouvernements d'union nationale qui risquent d'éclore en Italie, en Espagne et même en France appliqueront la même methode poursuivie depuis le début de la crise. Chers citoyens mécontents, vous aurez le choix entre couper les têtes comme les révolutionnaires français ou les bolchéviques, ou bien, vous pouvez être plus modérés et convaincre nos dirigeants qu'ils peuvent encore agir en votre faveur en proposant des solutions nouvelles. Il subsiste en effet un petit espoir. Les thèmes abordés par le dernier G20 sont tous pertinents. Ils touchent aux problèmes de fond: emploi des jeunes, régulation de la finance, nouveau système monétaire mondial. Les puissances ne s'accordent sur rien, mais la direction est la bonne. Et le mouvement des indignés prend une ampleur encore silencieuse mais résolument majoritaire.

Publié dans Actualite de la crise

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