Les fédéralistes européens hors-cadre

Publié le par paskov

La plupart des attitudes envers les structures actuelles de l’Europe que sont l’Union économique et la zone euro sont abusivement réduites à deux camps :

 - Les europhobes souverainistes qui souhaitent la disparition des structures actuelles et un retour aux nations.

 -  Les fédéralistes européens qui souhaitent maintenir le cadre actuel en opérant des changements qui se révèlent être insuffisants pour sortir de la crise.

 

Cette vulgaire catégorisation ne prend pas en compte le fait que depuis quelques années nous assistons à une prise de conscience citoyenne et globale que la crise concerne le cadre tout entier. Ce réveil a donné naissance à une nouvelle catégorie de fédéralistes, née de mouvements citoyens encore peu structurés, notamment le mouvement des indignés : Les fédéralistes européens hors-cadre.


Ils partent du constat que peu de gens osent encore faire : Le cœur du système financier a fondu. Son effondrement qui a lieu en ce moment risque d’emporter les autres systèmes auquel il est étroitement lié : le système économique, le système social, le système politique, et le système européen dont la monnaie unique est l’une des composantes essentielles. Ils estiment qu’il faut dès à présent réfléchir à un nouveau cadre et s'associer à de nombreuses autres organisations et chercheurs qui travaillent en ce sens.


 

Bien que cette catégorie de fédéralistes hors-cadre ne soit pas encore identifiée, elle représente sans doute la très grande majorité des citoyens européens. Les études et les sondages (voir le dernier eurobaromètre) démontrent qu’il y à la fois une très forte attente d’un destin européen commun, couplé à une terrible désaffection des structures actuelles.

 

Quelques principes directeurs  :

- Accepter le grand désendettement, remettre de nombreux compteurs à zéro. (Non, la BCE ne pourra pas nous sauver avec la planche à billet, nous sommes fauchés) 

 - Reconstruire notre système financier, cette fois à partir de l'économie réelle. 

- Lancer une autre croissance, plus européenne, moins agressive, plus durable et mieux redistribuée.

- Une Europe unie : la plus large possible, rejetant l’idée d’un noyau dur européen autour de la France et le de l’Allemagne. Les citoyens du sud, d’Europe centrale et même d’Angleterre ont le droit absolu de participer.

- Une Europe respectueuse de l’environnement et à la pointe des progrès technologiques « durables ».

- Une Europe dotée d’une politique industrielle commune.

- Une Europe qui protège les membres les plus faibles de la société et conserve ses modèles sociaux, qui jusqu'ici ont amorti le choc de la crise et ont soutenu la demande.

- Une Europe constituant un exemple pour la création d’autres ensembles régionaux dans le monde.


A tous ceux qui se sentent en faire partie, il nous revient de bosser à des propositions hors du cadre, radicales. En effet, la crise du système n’est pas le fait de la cruauté de quelques technocrates, banquiers et politiciens aux manettes, mais à 90% d’un aveuglement collectif produit par une prospérité en trompe l’œil. Il faut leur ouvrir les yeux. Au boulot!

Publié dans Réflexions

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