la Wallonie ou ce qu'il en restera

Publié le par paskov

Depuis les premières fermetures des mines et des usines sidérurgiques, la Wallonie n'a pas cessé de sombrer dans le marasme économique. Quelques faits issus d'un rapport de la Région wallonne:

- Aux alentours de 19% de chômage. Soit toujours a peu près le double de la Flandre qui atteint les 8-9% (Bruxelles 21%).

- la Wallonie ne représente que 17 % des brevets belges en haute technologie.

- "Si l’écart de croissance du PIB de la Wallonie par rapport à la moyenne belge s’est réduit au cours des dernières années, permettant une stabilisation relative du positionnement wallon en termes de PIB par habitant, l’on ne peut encore percevoir de réelle dynamique de  attrapage."

-  faibles exportations etc...

 

La liste des exemples d'un décrochage persistant de la Wallonie,  par rapport à la Flandre malgré de nombreuses tentatives de redressement dont un Plan Marshall, semble longue. La Région était le poumon de la révolution industrielle, celle qui a permis à la Belgique d'éclairer fièrement le meilleur réseau d'autoroutes européen, d'avoir l'une des companies aériennes les plus respectées au monde, la Sabena. Aujourd'hui, les carcasses abandonnées des industries de l'acier assombrissent le paysage, un lampadère sur deux fonctionne sur certains troncons d'autoroute et la Sabena a depuis longtemps fait faillite. Certains de ses boeings traînent encore dans un coin à l'aréoport de Bruxelles et rouillent depuis des années.

 

Sabena12-Postcard.jpgLa Flandre s'en tire bien mieux avec ses immenses ports commerciaux (Anvers, Zeebruges), sa bourse mondiale du diamant (dont on ne demande pas toujours d'où viennent les pierres) et la présence de BASF, leader de l'industrie chimique. Elle a remarquablement et aisément profité de son accés à la mer et à la mondialisation.

 

La Région wallonne tient le coup grâce à de nombreuses interventions fédérales, notamment les mesures anti-crises et surtout grâce à une securité sociale très developpée. La Belgique est l'un des trois pays européens où les dépenses sociales représentent plus de 30% du PIB. Seules la France (31,1%) et la Suède (30,7%) la devancent. Dans la répartition des prestations, la part des prestations chômages est l'une des plus importante en Europe. Le tout est financé par les cotisations sociales de tous les travailleurs du royaume. Suite aux résultats des éléctions du 13 juin, le parti indépendantiste vainqueur N-VA brisera les fondements du système s'il applique son programme à la lettre. Il suffit d'en imaginer les conséquences. Il ne restera plus grand chose... Bruxelles reste pour l'instant protegée par son statut de capitale européenne et de capitale de la Flandre.

 

Le pays de Magritte n'est pas le seul à plonger dans le surréalisme. Cette logique du chacun pour soi semble gagner l'Europe de tous les cotés. Les allemands ne souhaitent pas payer pour les paresseux pays du sud. Et nombreux sont ceux qui pensent secrètement que la réunification a été une erreur majeure! La Catalogne s'en tire un peu mieux que le reste de l'Espagne et s'autonomise de plus en plus. En ces temps de crise de la dette privée et publique, se replier sur soi n'est peut-être pas une excellente idée. La note de la Belgique est sous surveillance et les taux d'intérêts de sa dette explosent. Ils oublient que leurs territoires sont interconnectés avec le reste du monde.

 

L'Europe des régions est l'un des principaux arguments des indépendantistes. Ils sont la plupart du temps pro-européens, lobbyistes actifs, profitant d'un cadre politique très favorables pour leurs intérêts.  L'Europe des régions, celle qui devait protéger les minorités et leur identité, soutenir les coopérations interrégionales et prioritairement assurer la cohésion, risque de devenir l'Europe des égoismes.

Publié dans Actualite de la crise

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