La mécanique du naufrage démocratique européen

Publié le par paskov

Il n'y pas que le système financier et économique qui se déglingue en Europe. Nous sommes également entré dans l'ère d'un dysfonctionnement permanent de la démocratie représentative. Parmi les citoyens, le rejet des solutions appliquées depuis 3 ans est si fort qu'il cherche à s'exprimer par tous les moyens.

 

La mécanique du naufrage démocratique est parfaitement huilée: d'abord nous assistons à des alternances systématiques. Aucun gouvernement à la barre ne survit aux élections: Les socialistes espagnols lors d'élections anticipées. La droite française plus récemment. Mais nous sommes déjà dans une autre étape! Dans les pays où le mode de scrutin est à la proportionnelle, les coalitions éclatent comme en Hollande et en Allemagne. La CDU perd en effet les élections les unes après les autres dans les länder.

 

Ensuite, La montée des extrêmes dans l'ensemble des pays européens inquiètent de nombreuses institutions établies. Même la Commission Européenne, d'habitude si neutre et technique, a lancé un signal d'alarme face à la montée des "populismes" en Europe, qui concentrent souvent leurs critiques à son endroit.

 

vote.jpgCette poussée est si forte qu'elle contraint les partis de gouvernements, droite et gauche modérées, à envisager des unions nationales. Des unions nationales qui à leur tour risquent d'éclater alors que le mécontentement populaire ne faiblit pas. Accueilli un temps avec faveur par les italiens, la popularité du gouvernement d'Union de Mario Monti est déjà en chute libre. Un tel scénario n'est pas à exclure même dans un pays aussi solide et binaire que la France, si François Hollande ne parvient pas à empêcher la montée du chômage et à tenir la moindre de ses promesses. 

 

La dernière catastrophe a eu lieu en Grèce:

Nouvelle Démocratie (conservateurs) : 18,85 % (108 sièges)

Syriza (extrême gauche): 16,78% (52)

PASOK (socialistes): 13,18% (41)

Grecs Indépendants (nationalistes); 10,60% (33)

KKE (parti communiste): 8,48% (26)

Aube Dorée (néo-nazis): 6,97% (21)

Gauche démocrate (gauche radicale): 6,11% (19)

Source : http://www.euractiv.fr/grece-resultats-definitifs-article

Il s'agit de la nouvelle et dernière étape dans le processus de désintegration de nos systèmes démocratique. Ensemble, les partis traditionnels (Nouvelle démocratie et PASOK) ne sont même plus assez représentatifs pour former une Union nationale. Ne reste qu'un paysage de partis refusant d'appliquer les solutions de l'UE et du FMI: la gauche radicale. Et très inquiétant, les partis nationalistes, identitaires, voire nazi qui semblent mieux en profiter... Les opinions au sein du même pays se retrouvent très divisées, coupées en 7 et radicalisées.

 

Cette mécanique semble aujourd'hui implacable et peut nous conduire au pire. Mais il ne suffit pourtant pas d'idées extraordinaires pour l'enrayer: reconnaître que l'offre politique actuelle est complètement déconnectée de la réalité, oser remettre en cause les dogmes de 50 ans, agir pour l'intêret général et protéger les plus faibles dans la tempête.

Publié dans Actualite de la crise

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