George Méliès

Publié le par paskov

Si les frères lumières ont inventé l'appareil, le cinématographe, le premier véritable conteur d'histoires au cinéma est George Méliès. 


220px-Melies-_Escamotage_d-une_dame_chez_Robert-Houdin_-S.jpgDans sa jeunesse il perfectionne l'art de la prestidigitation et de nombreuses illusions lors de spectacles dans son propre théâtre parisien. Déjà à cette époque - les années 1880 - il s'intéresse à la projection d'images peintes sur verre qui clotûrent ses spectacles. Acteur de la société civile, il défend sa profession au sein de l'Académie de Prestidigitation qui se transformera en chambre syndicale. Bricoleur et passionné de mecanismes complexes, il fabrique des automates qui reproduisent des mouvements humains. 


La scène est connue. Il rencontre les frères lumière au sous-sol du Salon indien du Grand Café, boulevard des Capucines à Paris, lors d'une projection publique de cinématographe. Méliès souhaite toute de suite acheter l'appareil, mais les frères ingénieurs refusent, arguant que la machine n'est qu'une curiosité scientifique, qu'elle coûte cher et qu'elle n'a aucun avenir commercial. Méliès se débrouillera pour acheter un appareil similaire à Londres.


C'est donc un magicien, un rêveur, un homme qui souhaite déformer la réalité, passionné par les mondes fantastiques, qui comprend le potentiel incroyable de cette invention. Il fait construire son propre studio de cinéma a Montreuil, une sorte de grande serre qui permet de faire rentrer la lumière. Il réalise avec ses proches et d'autres artistes près de 600 courts métrages de 1 à 40 minutes, en privilégiant trois genres : la féerie, la science-fiction et la reconstitution historique. Ces pionniers n'ont pas la moindre idée de ce qu'ils en train de faire. Chaque jour est une occasion de tenter de nouvelles expérimentations, de nouveaux trucages. Comment se représenter une époque dans laquelle on ne savait pas encore quel serait l'effet d'un gros plan? Le succès est considérable jusque dans les années 1910.


Les grands studios font leur apparition et Méliès devient financièrement de plus en plus dépendant. La première guerre mondiale détruit le rêve, les gens ne s'intéresse plus au cinéma "artistique".  Ruiné, Méliès brûle une grande partie de ses oeuvers dans un moment de colère. Il tiendra pendant des années une boutique de jouets et de sucreries à la gare Montparnasse avec sa seconde femme, une de ses anciennes actrices


Plusieurs éléments ont remis Méliès sur le devant de la scène et l'ont consacré comme un artiste majeur de l'entre deux siecles. D'abord son oeuvre la plus connue, Le Voyage dans la lune, est le premier film à entrer au patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco en 2002. En 2009, toutes ses oeuvres passent dans le domaine public (70ième anniversaire de sa mort). Cette année 2012, Martin Scorsese lui rend un vibrant hommage dans son dernier film Hugo Cabret et le groupe Air compose la bande originale du Voyage dans la lune.


Cette longévité ne s'explique pas uniquement par le fait d'avoir été le premier. Non, c'est la poésie, l'humour, la créativité et la féerie de ses oeuvres, sans cesse redécouvertes, qui fascinent encore aujourd'hui.


 

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