Gabongo

Publié le par pmalosse.over-blog.com

Alain Bernard (Ali Ben depuis 73) a été élu avec 41% des voix, soit un score à l'américaine selon lui. La fraude a été massive. Les vainqueurs, les perdants et les français qui s'intéressent un peu au Gabon le savent pertinemment. Il ne s'agit même pas d'une fraude, on a choisi les chiffres.

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La réélection du fils Bongo est un scénario très classique pour ce petit pays qui a connu le même régime pendant 42 ans. Il est naturel que celui qui détient l'armée, les milliards du pétrole, qui installe partout des écrans numériques avec des spots modernes l'emporte.

Pourtant la campagne à laquelle j'ai assisté n'est pas comparable à celles qu'on connu les gabonais depuis des décennies. En effet, la mort du patriarche Omar a suscité un très grand espoir. Un rêve de changement historique. Les signes se multipliaient: M. Sarkozy a affirmé que "la France n'avait pas de candidat". L'opposition si elle n'a pas réussi à s'unir avait tout de même des figures de poids. Pendant les deux semaines de campagne, tout a été dit sur les contrats inégaux pour exploiter le pétrole, le manganèse et l'uranium, l'état des services publics, les bidonvilles, etc. Tout est dévoilé pour la première fois! Et les discussions dans les cafés, taxis et en famille ont été plus vives que jamais!

Le paradoxe est d'avoir fait tant espérer le peuple en sachant parfaitement qui serait le prochain Chef (d'Etat). L'affrontement dans la rue était inévitable. La résignation des gens dépendra de l'intensité de la répression.

Ali Bongo Ondimba aurait-il agit de la même manière sans le soutien de la France? Aurait-il fraudé avec tant de désinvolture, sans même faire semblant? Aurait-il lancé les forces de police sur chaque manifestation sans hésiter?

Son meeting d'ouverture de campagne s'est déroulé à quelques mètres du camp de Gaulle et de ses 3000 soldats français. Sans doute craignait- il des troubles dès le départ... Dimanche soir la France saluait la bonne tenue du scrutin et appelle à présent au calme. "Les opposants doivent respecter les résultats" dit notre secrétaire d'État à la Coopération, M. Joyandet.

A présent vous verrez les images de bataille de rue à la télévision. Si les troubles durent un peu trop longtemps, l'armée française se déploiera et sécurisera tout le pays en 15 minutes au nom de la sécurité de quelques centaines de ressortissants français. Les médias préparent déjà le terrain en diffusant les propos de quelques marginaux :" On va tuer tous les français!"

En tout cas la France a encore son carburant, tout roule

Il est temps qu'une autre Afrique se construise. On ne peut privilégier les relations bilatérales à chaque élection et à chaque nouveau contrat d'exploitation des ressources dans le chaos général. Grâce aux accords ACP, l'Union Européenne finance l'élargissement de la seule route nationale entre Libreville et Lambaréné à 10%. Ce n'est qu'un début.

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