Un bel été et une belle reprise

Publié le par paskov

L'allemagne prévoit une possible croissance de 3% d'ici la fin de l'année 2010. L'Europe respire et arrive à se refinancer auprès des investisseurs qui ont repris confiance. Il n'est même plus nécessaire d'activer le fonds de sauvetage européen de 500 milliards. Les commandes industrielles rebondissent. Dans certains pays, le chômage semble reculer. L'Euro a été sauvé et a même repris des couleurs.

 

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On est libre d'y croire ou non. Toutes ces phrases ont été prononcées, écrites, relayées dans tous les médias tout au long de l'été. Un été paisible qui touche bientôt à sa fin, uniquement rythmé par certaines catastrophes naturelles, certaines canicules, certains tubes, certains festivals, certains charters express remplis de Roms et la météo des plages.

 

Les milliards à rembourser, la régulation des banques, la situation économique et sociale n'étaient plus que des mauvais et lointains souvenirs.

 

Pourtant, quand on avait le courage de se rendre à la page 19 des grands journaux, on découvrait certains évenements curieux:

 

Le 22 juillet, la Hongrie a pris la décision de taxer les banques pour réduire le déficit public. La mesure est "juste et nécessaire" selon le premier ministre Viktor Orban. "Les banques sont à l'origine de la crise, il est normal qu'elles contribuent au rétablissement de la situation" s'est-il justifié. Immédiatement après le vote d'une majorité écrasante du parlement hongrois en faveur de la mesure, les délégations du FMI et de la Commission Européenne ont suspendu les négociations ainsi que le versement d'une tranche de prêt de 20 milliards accordé en octobre 2008 pour sauver le pays de la faillite. Le même jour, une avalanche d'articles dans les journaux européens décrivent Viktor Orban comme un conservateur au comportement excessif et justifient cette suspension. Les banques visées par la taxe sont essentiellement des grandes banques occidentales. Est-ce un hasard?

 

La même semaine, le conseil des ministres publiait les résultats des Stress Tests, conçus pour démontrer la solidité du système banquaire européen. Les tests étaient parfaitement positifs, malgré une couverture partielle et des critères ajustés. Mais... si elles sont si solides, on devrait pouvoir les taxer alors, non?

 

28 Juillet - Selon les voeux du G20, le comité de Bâle devait ériger un nouvel ordre financier mondial, pour qu"une telle crise ne se reproduise plus jamais. Un des objectifs étaient d'établir des régles contraignantes relatives aux fonds propres des banques, afin qu'elles aient suffisament de réserve de liquidité  Un accord a été trouvé le 28 juillet. Le principe de la fixation d'un ratio a été accepté. Ce progrès a été salué par de nombreux commentateurs, rappelant qu'il s'agissait de se mettre d'accord au niveau mondial. Mais il manquait sans doute une touche d'humour dans ces graves discussions sur le sort du monde. La voici: le ratio minimal en question ne sera pas fixé avant 2018. 2018, vous avez bien lu ! D'ici là, au moins trois crises majeures ont le temps d'éclater.

 

En Europe, seule l'Allemagne a retrouvé une dynamique de croissance. Comme le souligne le Sueddeutsche Zeitung, elle n'a cependant pas encore récupéré les 5% du PIB perdus en 2009. De plus, l'économie repose plus que jamais sur les exportations. Espérons que les commandes des chinois et des américains ne faiblissent pas!

 

Quant à la situation économique et sociale aux Etats-Unis, censé être le moteur de la croissance mondiale, il suffit de lire le communiqué de la Federal Reserve du 17 août dernier: "le rythme de la reprise de la production et de l'emploi a ralenti ces derniers mois". Les milliards du contribuable injectés n'ont pas l'air d'avoir l'effet escompté.

 

Enfin, mon dernier article traitait du chômage des jeunes.

 

Un bel été et une belle reprise.

Publié dans Actualite de la crise

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Martin 09/10/2010 13:24


Pascalino, das ist ein wunderbares Streiflicht.


Cécile 24/08/2010 09:13


J'avais été aussi outrée que toi concernant les réactions du FMI et de l'UE face au courageux gouvernement hongrois.
Pour moi, cet été restera celui où la fin a commencé: inondations au Pakistan, en Afrique, en Europe de l'Est, versus canicule en Russie. Vous avez dit "changement climatique"?
Bises de Bonn