Elections 2012: canaliser le rejet massif du système

Publié le par paskov

Petite analyse des résultats du premier tour.


- Les grands perdants de cette élection sont ceux qui ont affirmé que la finance "n'était pas le problème": François Bayrou et Nicolas Sarkozy. La crise, le sauvetage des banques et la nécessaire moralisation de la finance sont désormais des notions bien ancrées dans la conscience collective sur lesquelles les électeurs attendent des positions fortes, voire radicales.


- Les grands gagnants de cette élection sont ceux qui ont fait du rejet du système leur combat, canalisant la colère ambiante. Le score de Jean-Luc Mélenchon, bien qu'inférieur aux attentes, est excellent pour la gauche radicale. De nombreux abstentionnistes sont sans doute également dans cette posture de rejet. Enfin, le Front National a realisé le score le plus important de son histoire, proche de 20%. Plus que lors de l'élection de 2002 (16,8%). Les deux grands partis "du système" représentent moins de la moitié de la population.


- Bien que molle, François Hollande a réussi sa campagne, justement en affirmant sa volonté de lutter contre les dérives de la finance. Sa victoire prochaine est quasiment assurée. Mais il ne bénéficie pas d'un véritable vote d'adhésion. Une grande partie des électeurs ont voté "utile" et attendent de pied ferme la mise en oeuvre de certaines de ses promesses. Sa tâche sera très délicate... Il peut très bien déclarer quelques jours après son élection que l'état des finances du pays est pire que les affirmations du gouvernement sortant et que sa marge de manoeuvre est réduite. Par ailleurs, si les taux de la dette publique augmentent, entraînés par la situation catastrophique de l'Espagne, et qu'il soit forcé de continuer dans le sens de l'austerité généralisée, il se retrouvera rapidement avec un pays en colère et ingouvernable. Le FN, quant à lui, continuera paisiblement sa progression.


Espérons que François Hollande conservera l'objectif prioritaire de soutenir l'économie réelle, et qu'il propose une nouvelle vision européenne fédéraliste, avec le soutien de la jeunesse comme priorité, sans laquelle nous sommes condamnéà des temps difficiles. Dommage qu'une telle vision n'ait pas même été évoquée lors de la campagne.


Publié dans Actualite de la crise

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