Election 2012 en France: le spectre politique entier est dépassé

Publié le par paskov

La campagne de l’élection présidentielle française est une belle occasion de constater à quel point le système politique actuel est à bout de souffle. Quand un bouleversement historique survient, les positionnements politiques traditionnels deviennent obsolètes. Que ces positionnements soient extrêmes ou modérés, nationalistes ou européens, ils ne sont plus pertinents car ils appartiennent à un cadre en train de disparaître.

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Parmi les candidats les plus "respectables", c'est-à-dire ceux de la gauche traditionnelle (PS), du centre (Modem) et de la droite modérée (UMP), il n’existe quasiment aucune différence de programme. Les lignes de fracture sont quasiment invisibles. Deux axes principaux sont avancés pour la sortie de crise :

- Il faut remettre en ordre les finances publiques et se préparer à réduire massivement les dépenses et à trouver des recettes, notamment en supprimant les niches fiscales, en créant une nouvelle tranche d’impôt, en augmentant la TVA et en taxant très légèrement les transactions financières.

- Il faut libérer la croissance en instruisant et en produisant. On retrouve ici le traditionnel soutien au PME, la création d’une banque à l’investissement et un label made in France.

Ces deux axes principaux sont déjà en train d’être mis en œuvre depuis 3 ans dans tous les pays européens, y compris la France. Pour parler plus clairement, il s’agit de l’austérité et de racler les fonds de tiroir pour stimuler la production. Or justement, les caisses sont vides, et la marge de manœuvre est très limitée. Les arbitrages entre gauche, droite et centre se font donc au millimètre près, favorisant telle ou telle catégorie électorale. Finalement, seule la personnalité des candidats permet de les différencier. Une union nationale pourrait très bien éclore en comme en Italie...

 

Parmi les candidats les moins "respectables", c’est-à-dire ceux de l’extrême droite et de l’extrême gauche, on touche à des questions plus essentielles : la critique du système capitaliste, de la globalisation et la répartition de la richesse. Les solutions proposées sont radicales, mais complètement dépassées, voire dangereuses :

- La sortie de l’euro et le repli vers la nation dont les conséquences seraient (sont) catastrophiques.

- Le retour vers des modèles du passé qui se sont révélés inefficaces ou très dangereux : l’extrême gauche estime que si le capitalisme disparaît, automatiquement, une forme de communisme (de préférence internationaliste) devrait le remplacer ! L’extrême droite quant à elle rêve d’une grande production nationale, couplée à une identité homogène.

 

La raison pour laquelle le spectre politique entier est dépassé par les événements est qu’il n’existe pas de vraie solution face à la crise actuelle. La science économique a une grande part de responsabilité, car elle n’a développé qu’un seul modèle depuis la fin du XIXième siècle, sans explorer d’autres pistes. Il devrait pourtant être possible de conserver ce qui nous est cher : les libertés individuelles, la démocratie, les bienfaits de l’économie de marché, des échanges avec le reste du monde, l’esprit d’entreprise, un accès à la propriété. Et de remettre en cause ce qui actuellement cause la perte de notre système : la question du gonflement exorbitant du crédit et des taux d'intérêts, la concentration sans frein des richesses qui empêche l’argent de revenir dans la production, la finance mondiale qui n’a plus aucun rapport avec l’économie réelle.

 

Les électeurs risquent d’être déçus par les candidats respectables et d’être tenté par un vote contestataire ou un vote de repli sur soi ou le vote blanc. C’est pourtant au niveau de ces gens respectables et modérés qu’il faudrait agir. Si seulement l’un d’eux pouvait s’exclamer : « Je ne sais pas qu’elle est la solution, il faut tout repenser ensemble. »

 

Il y a longtemps que la démocratie représentative ne fonctionne plus. Cependant nous avons la chance à notre époque de posséder un magnifique instrument démocratique : les nouveaux moyens de communication. La jeune génération « perdue » a la possibilité de s’exprimer sur la toile et de collectivement réfléchir à un autre modèle, plus durable. Alors profitons-en !

Publié dans Réflexions

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Benoît 01/02/2012 16:03

OH non !! Quel pessimisme ! Il y a des différences entre les respectables, je te l'assure !
Viens voir du côté de http://bayrou.fr/article/010212-tout-contre-le-surendettement-tout-pour-lemploi
Et tu verras qu'il y a un qui sort du lot ! ;-)

paskov 03/02/2012 08:46



Je suis pas si pessimiste. Je me dis que c'est une chance inouie. Alors qu'à l'école on nous appris que tout était réglé, fini, maintenant tout est ouvert, tout est possible. C'est justement
après avoir lu le programme de bayrou que je me suis mis à écrire cet article. Je suis pour Bayrou, je pense qu'il est la meilleure personnalité. Mais depuis 3 ans, j'ai compris qu'il faut
changer le cadre. Et, malgré quelques bonnes orientations, ce programme reste très fébrile par rapport à un bouleversement historique de cette ampleur. On s'en rend pas encore compte, mais c'est
un tsunami qui arrive!