Dissimulation ratée

Publié le par paskov

Il est toujours amusant de suivre les stratégies de communication des gouvernements, surtout quand elles sont lamentablement à côté de la plaque.

 

Lors du dernier Conseil européen des 26 et 27 juin derniers, l'Espagne était sortie triomphante aux côtés de la France et de l'Italie. Elle avait tordu le bras à la chancelière Merkel et obtenu la promesse de recevoir 100 milliards en prêts par l’intermédiaire du Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour renflouer son secteur bancaire désastré.

 

Mariano Rajoy déclarait qu'il avait obtenu cette aide de l'Europe sans conditionnalité. Contrairement aux plans de sauvetage pour la Grèce, le Portugal et l'Irlande, l'Espagne n'allait pas subir de plan d'austérité drastique, imposé par une troïka (Commission Européenne, la BCE et le FMI).


Dès la sortie du sommet, Angela Merkel tenait cependant un autre discours: «Nous sommes restés fidèles à notre philosophie : aucune prestation sans contrepartie». Faisait-elle uniquement référence à la fameuse Union bancaire? A la future supervision du secteur bancaire par la BCE?

 

Le 11 Juillet, soit une dizaine de jours plus tard, le Premier Ministre annonçait un grand plan d'austérité national. 65 milliards d'économies sur 2 ans et demi; Des coupes dans l'allocation chômage; Une hausse de la TVA de 18 à 21%; Suppression des primes pour les fonctionnaires etc. Une manière de tenter le tout pour le tout.

 

Tiens ? Quelle coïncidence!

 

Quelques heures avant cette annonce "austère" le journal El Pais, rend public un memorandum officieux qui liste les conditions imposées par les autres membres de l'eurozone. Les objectifs de désendettement et un ultimatum menaçant y sont froidement précisés. 


 illusion


Dire qu'après tant de sacrifices, la prime de risque exigée par les marchés s'élève toujours à 7%. Ce qui signifie que l'Espagne est de facto insolvable sans intervention de la BCE. Je rappelle que le but de toutes ces mesures douloureuses, est in fine, de ramener ce taux à un niveau acceptable. Raté !

 

Cette tentative de dissimuler comment l’on impose la stratégie européenne - ou allemande - est pathétique. Que l'on ne s'étonne pas que les espagnols manifestent à présent chaque jour de la semaine, toute tranches d'âge confondues et dans chaque ville du pays. Ils critiquent leur gouvernement, mais également la politique européenne actuellement menée.


La dissimulation, l'improvisation, les erreurs majeures, la persistance à appliquer les mêmes solutions sans résultat sont souvent les signes précurseurs des fins d'empire.

Sur l'état du pays, voir ici.

Publié dans Actualite de la crise

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