De fait, la zone euro est en train d'éclater

Publié le par paskov

En raison de la liberté de circulation capitaux, il n'est pas facile d'estimer avec précision des flux en continu. Mais récemment l'agence Bloomberg a réussi à dresser un tableau effrayant de ce qui se passe depuis le début de l'année: Des mouvements de capitaux massifs créant d'importants déséquilibres entre les pays jugés "surs" et les pays en détresse au sein de la zone euro.


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© Bloomberg 

 

Mois après mois, les habitants (ayant de l'épargne) d'Espagne, d'Italie, d'Irlande, de Grèce, du Portugal et même de Belgique placent leur argent sur des comptes étrangers dans les pays qu'ils estiment plus surs: sans surprise l'Allemagne, le Luxembourg et la Hollande. Hors de la zone euro, il n'existe pas de données sur les placements des riches français vers la Suisse, mais c'est fort probable. En tout cas, cela se constate clairement sur le marché de l'immobilier. Ces mouvements de capitaux prennent une ampleur inquiétante. Par exemple, 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne en mars dernier. L'Italie semble être le pays le plus touché par ce phénomène. Le secteur bancaire des pays "faibles" est donc bien sur le point de s'effondrer et les recettes fiscales des Etats vont continuer de chuter. Dans la zone euro, il n'existe aucun mécanisme de "coussin" comme aux Etats-Unis entre les Etats fédérés pour enrayer cette dynamique de séparation. Une Union fiscale est plus nécessaire que jamais.

Sources: http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

http://www.bloomberg.com/news/2012-04-12/europe-s-capital-flight-betrays-currency-s-fragility.html

 

A cette fuite des capitaux, on peut rajouter les prémices d'une grande panique bancaire dans les pays faibles. En Grèce, lors de la seule journée de lundi, au lendemain de l'échec des négociations pour la formation d'ungouvernement d'union nationale, les gens se sont précipités aux distributeurs et ont retiré 700 millions d'euro!

 

Le plus extraordinaire est sans doute l'aveuglement complet de toute une génération de dirigeants qui continuent de discuter de la situation comme si nous étions encore dans les années 90. Et ce, alors que les économies européennes sont en train d'entrer à nouveau en récession (et cette fois, même l'Allemagne n'est épargnée). Et il faut le rappeler autant de fois que nécessaire: Une récession qui a lieu si rapidement après une première récession en 2008-2009, peut en réalité annoncer une véritable dépression.

Publié dans Actualite de la crise

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