2012: Bouclez vos ceintures

Publié le par paskov

Loin de moi l'idée de gâcher une bonne humeur qui se prolonge quelques jours après les fêtes (horribles pour certains, tout de même sympathiques pour la majorité). Loin de moi l'envie d'être celui qui doit dire aux enfants que le père noël n'existe pas. Pourtant il faut bien que certains se bougent pour réveiller les autres!


Cette année, tous les ingrédients sont réunis pour la grande catastrophe. La raison? La crise de septembre de 2008 a été une magnifique opportunité pour le monde de regarder en face la gravité de la situation. C'est alors qu'au plus haut niveau, au G20, les plus puissants de la planètes ont identifié les problèmes et la marché à suivre. Juste pour rire, rappelons-nous les conclusions du sommet du 15 novembre 2008.

 

 

"Premier principe : il faut une relance coordonnée de l’économie mondiale, qui doit passer par des mesures budgétaires pour soutenir la demande, mais aussi par une aide accrue du FMI et des Banques de développement en faveur des pays les plus fragiles.

Second principe : il faut améliorer la régulation des marchés financiers internationaux et, pour cela, les pays doivent préparer des recommandations précises et concrètes avant le 31 mars 2009.

Troisième principe : il faut améliorer la gouvernance économique mondiale et cela passe notamment par une ouverture des institutions de Bretton Woods, le FMI notamment, aux pays émergents et en développement."blabla.png


En prime pour le plaisir, un extrait du discours de Nicolas Sarkozy à Toulon:

"L’idée de la toute puissance du marché qui ne devait être contrarié par aucune règle, par
aucune intervention politique, était une idée folle. L’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle. 

 

Pendant plusieurs décennies on a créé les conditions dans lesquelles l’industrie se trouvait
soumise à la logique de la rentabilité financière à court terme.
On a caché les risques toujours plus grands qu’on était obligé de prendre pour obtenir des
rendements de plus en plus exorbitants.
On a mis en place des systèmes de rémunération qui poussaient les opérateurs à prendre de
plus en plus de risques inconsidérés.
On a fait semblant de croire qu’en mutualisant les risques on les faisait disparaître.
On a laissé les banques spéculer sur les marchés au lieu de faire leur métier qui est de
mobiliser l’épargne au profit du développement économique et d’analyser le risque du crédit.
On a financé le spéculateur plutôt que l’entrepreneur.
On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs.
On a obligé les entreprises, les banques, les compagnies d’assurance à inscrire leurs actifs
dans leurs comptes aux prix du marché qui montent et qui descendent au gré de la spéculation.
On a soumis les banques à des règles comptables qui ne fournissent aucune garantie sur la
bonne gestion des risques mais qui, en cas de crise, contribuent à aggraver la situation au lieu
d’amortir le choc.

C’était une folie dont le prix se paie aujourd’hui !"


 

 

Ces belles paroles, dignes d'un Roosevelt pendant la grande dépression, ont été prononcées il y a trois ans. Qu'avons nous fait depuis? RIEN. Trois longues années perdues. Nous avons laissé s'exarcerber tous les pires problèmes imaginables, qui s'accumulent dans une chaudière de locomotive sur le point d'exploser, lancée à toute allure vers un gouffre. Croire que tout va s'arranger tout seul, alors que nous entrons en récession, que l'austérité est mise en oeuvre avec la destruction progressive des filets sociaux, c'est croire au père noël.

Les prochaines éléctions en France et aux Etats-Unis auront un goût d'eau de mer dans la tempête qui s'annonce. A nous de rappeler à la classe dirigeante cette belle prise de conscience qui a eu lieu il y a trois ans  et qui depuis, s'est éteinte dans un monde absurde. Si les défenseurs d'une république modérée et européenne refusent d'aborder ces sujets de front, les extrêmes s'en chargeront.

Publié dans Actualite de la crise

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