Agora - Les amours imaginaires - Tolstoï

Publié le par paskov

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Agora: Un film unique, audacieux et qui n'a logiquement pas rencontré le succès auprès du grand public. Aménabar, réalisateur génial d'Ouvre les yeux et Les Autres a osé se lancer dans un péplum philosophique. La trame suit l'histoire d'Hypatie, une femme philosophe travaillant à la bibliothèque d'Alexandrie, alors en proie à une guerre des religions, opposant les premiers chrétiens aux juifs et aux paiens. Ce personnage dont on ne sait en réalité que peu de choses a longtemps enflammé l'imagination des écrivains depuis le siècle des Lumières. Elle méritait de passer enfin au cinéma! Pendant que les cruels lapideurs sont sanctifiés, que les foules sont harenguées et que les jeux politiques se jouent avec le texte de la Bible, la philosophe poursuit ses travaux sur l'astronomie qui n'intéressent pas ses contemporains et qui pourtant révolutionnent la connaissance humaine. Le propos est ici de dénoncer une occasion manquée, la rentrée dans l'obscurantisme et le moyen-âge. Le film est esthétiquement très beau, avec ses plans qui zooment depuis l'espace sur l'antique Alexandrie. Rachel Weisz est comme d'habitude parfaite!

 

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Les amours imaginaires: Un film québécois qui a apparement a suscité la fascination des jeunes parisiens dorés (en slim...) et une bonne partie de la critique. Il s'agit du deuxième film du jeune Xavier Dolan, consacré comme "le Boris Vian du cinéma", primé à Cannes. L'histoire peut tenir en une ligne: Un garçon et une fille tombent fous amoureux du même jeune homme parfait, qui ressemble étrangement au David de Michelange. S'ensuit une série de plans dont le travail sur les couleurs est remarquable. Chaque image est véritable une composition qu'il est agréable d'admirer, néanmoins sans atteindre la maîtrise d'Akira Kurusowa. A part la beauté que reste t-il? Pas grand chose, beaucoup de réchauffé sur les illusions en amour et même une certaine banalité. A déguster comme un verre de limonade.

 

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Tolstoï, le dernier automne: Cette production russo-allemande, bien que très classique, a réuni un casting génial. Christopher Plummer et Helen Mirren interprètent le couple Tolstoï avec humour et subtilité. Léon Tolstoï apparaït comme un patriarche, au charisme énigmatique, enfantin, très surpris de voir autant d'agitation autour lui. Sa troupe, "le mouvement tolstoïen", prônant un retour à la nature et refusant tout progrès technologique et le plaisir physique, prend ses écrits beaucoup plus au sérieux que lui-même. Une scène capture bien la contradiction du personnage quand Tolstoï  méprise le Gramophone qu'on vient de lui montrer. Son visage change soudainement et laisse transparaître une vive émotion quand passe un morceau de musique. Les amoureux de la littérature russe ne pourront qu'aimer. La fin déverse par contre beaucoup trop de larmes, à en remplir la mer d'Aral.

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