ACTA: La belle résistance de la jeunesse polonaise

Publié le par paskov

La guerre numérique fait rage. Les gouvernements du monde entier sont arrivés à s'accorder sur la nécessité d'encadrer l'internet. ACTA, l'"accord commercial anti-contrefaçon" est un traité international, à l'initiative des Etats-Unis et du Japon en 2006. Les négociations se sont déroulées rapidement, et bientôt, la majorité des puissances mondiales, dont l'Union Européenne auront ratifié le traité afin qu'il entre en vigueur. Ce nouvel instrument juridique permettra notamment de contraindre les fournisseurs d'accès internet à divulguer l'identité des utilisateurs suspectés de piratage.

 

Il est étonnant de constater à quel point l'élaboration de ce traité s'est déroulée de manière fluide et discrète. Pendant que les négociations sur la régulation de la finance mondiale, la lutte pour la préservation de l'environnement et la réforme monétaire mondiale stagnent délibérément, des sujets pourtant bien plus essentiels et urgents.

 

S'agit-il uniquement de protéger les droits d'auteurs? Depuis les révélations de Wikileaks, l'organisation des révolutions arabes, le mouvement Occupy Wall Street et le réveil de la jeunesse espagnole, il serait naïf de le penser. On mesure justement le poids d'un contre-pouvoir par rapport aux craintes qu'il suscite.

 

nie-dla-acta-polska.jpgLa ratification du traité par l'Union Européenne est remise en question depuis la mi-janvier grâce à un mouvement spontané de résistance en Pologne. Tout a commencé un matin avec une attaque coordonnée des sites gouvernementaux par des "anonymous" polonais. Ensuite, des manifestations quotidiennes dans les rues des principales villes du pays, d'une ampleur jamais vue depuis l'époque communiste, brandissant le slogan "Nie dla Acta". Le Parti trublion de Janusz Palikot (Ruch Palikota) a profité de l'occasion pour soutenir le mouvement, en arborant les masques de Guy Fawkes pendant une session du Parlement.

 

En Pologne, il ne se passe plus un jour sans débats, émissions, coups d'éclats. Un véritable débat public a lieu grâce aux jeunes. Le premier ministre Donald Tusk a été contraint de suspendre temporairement la ratification du traité et d'organiser un débat avec les représentants de mouvements pour la liberté sur Internet, reconnaissant que le texte éveillait des doutes quant au respect des libertés fondamentales. Le bras de fer continue...

Publié dans Pologne

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