Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 12:40

En raison de la liberté de circulation capitaux, il n'est pas facile d'estimer avec précision des flux en continu. Mais récemment l'agence Bloomberg a réussi à dresser un tableau effrayant de ce qui se passe depuis le début de l'année: Des mouvements de capitaux massifs créant d'importants déséquilibres entre les pays jugés "surs" et les pays en détresse au sein de la zone euro.


bloomberg

© Bloomberg 

 

Mois après mois, les habitants (ayant de l'épargne) d'Espagne, d'Italie, d'Irlande, de Grèce, du Portugal et même de Belgique placent leur argent sur des comptes étrangers dans les pays qu'ils estiment plus surs: sans surprise l'Allemagne, le Luxembourg et la Hollande. Hors de la zone euro, il n'existe pas de données sur les placements des riches français vers la Suisse, mais c'est fort probable. En tout cas, cela se constate clairement sur le marché de l'immobilier. Ces mouvements de capitaux prennent une ampleur inquiétante. Par exemple, 65 milliards d’euros ont quitté l’Espagne en mars dernier. L'Italie semble être le pays le plus touché par ce phénomène. Le secteur bancaire des pays "faibles" est donc bien sur le point de s'effondrer et les recettes fiscales des Etats vont continuer de chuter. Dans la zone euro, il n'existe aucun mécanisme de "coussin" comme aux Etats-Unis entre les Etats fédérés pour enrayer cette dynamique de séparation. Une Union fiscale est plus nécessaire que jamais.

Sources: http://www.pauljorion.com/blog/?p=35925

http://www.bloomberg.com/news/2012-04-12/europe-s-capital-flight-betrays-currency-s-fragility.html

 

A cette fuite des capitaux, on peut rajouter les prémices d'une grande panique bancaire dans les pays faibles. En Grèce, lors de la seule journée de lundi, au lendemain de l'échec des négociations pour la formation d'ungouvernement d'union nationale, les gens se sont précipités aux distributeurs et ont retiré 700 millions d'euro!

 

Le plus extraordinaire est sans doute l'aveuglement complet de toute une génération de dirigeants qui continuent de discuter de la situation comme si nous étions encore dans les années 90. Et ce, alors que les économies européennes sont en train d'entrer à nouveau en récession (et cette fois, même l'Allemagne n'est épargnée). Et il faut le rappeler autant de fois que nécessaire: Une récession qui a lieu si rapidement après une première récession en 2008-2009, peut en réalité annoncer une véritable dépression.

Par paskov - Publié dans : Actualite de la crise - Communauté : actualités financières
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 14 mai 2012 1 14 /05 /Mai /2012 07:48

Tribune publiée sur le Taurillon, magazine des Jeunes Européens

 

L’Europe ne répond pas encore à nos aspirations. Bien que le programme Erasmus et les compagnies low-costs aient contribué à l’émergence d’une extraordinaire mobilité, l’Europe demeure pour la très grande majorité des jeunes une courte expérience : Un voyage, de belles rencontres, une romance d’été, quelques cours sur les bancs d’une autre université pendant lesquels nous n’étions pas très sérieux. Les jeunes décrivent souvent cette expérience comme l’une des plus belles de leur vie. Cependant, ils considèrent le « retour à la réalité », le retour à son pays, sa famille, mais surtout au système dont ils sont familiers, comme inévitable.


Dessinateur : Frephttp://www.crayondenuit.com


Dans ce pays européen voisin dans lequel ils se retrouvent pendant une courte période, personne ne connaît véritablement la valeur de leurs diplômes, ni de leurs qualifications. Les employeurs hésitent à confier des responsabilités à un jeune qui s’exprime avec encore peu d’assurance dans une langue qui n’est pas la sienne. L’administration reste désespérément hermétique malgré la législation européenne protégeant nos droits. Sans soutien financier, sans travail, il semble impossible de rester. L’expérience européenne ne devient alors plus qu’un lointain souvenir, comme un beau rêve qui ne survit que sur les photos des réseaux sociaux.

Il existe un gouffre entre l’envie de découvrir, de se découvrir en tant que citoyen européen dans un autre pays, et la réalité. Pourtant, quelques aventuriers décident de rester et de faire leur vie dans le pays d’accueil. J’en fais partie et j’en côtoie quelques uns à Berlin et à Varsovie. Malgré les nombreuses difficultés à surmonter, rarement les aventuriers européens regrettent leur choix, car ils ont fini par croiser des Allemands et des Polonais qui leur ont fait confiance, des employeurs qui croient en l’Europe et en la richesse des échanges culturels. Il est donc possible de rester, de s’épanouir en tant que citoyen européen, de trouver un travail où l’on apprend une autre langue, d’œuvrer à son modeste niveau au véritable rapprochement des peuples européens. Dommage que les Institutions européennes et les Etats-Membres soient encore loin de soutenir ces jeunes qui ont décidé de rester et semblent parfois même tout faire pour les renvoyer chez eux.

Les difficultés de la jeunesse

99% de la jeunesse européenne vit dans des sociétés qui se côtoient sans échanger, comme les voisins d’un immeuble où l’on ne parle pas. Et pourtant, nous avons des problèmes communs et certainement une identité commune. Les chiffres officiels de la Commission européenne sur le chômage des jeunes en Europe pour 2011 donnent le tournis : Seul un tiers des jeunes sont employés de manière stable. 1 jeune sur 3 n’a pas eu de travail pendant plus d’un an. 1 jeune sur 5 risque de tomber dans la pauvreté et l’exclusion sociale. L’Organisation mondiale du travail nous surnomme « la génération perdue » ou « la génération sacrifiée ». Les solutions proposées par les politiques en manque cruel d’inspiration ne convainquent pas. Selon eux, il s’agirait d’un problème d’orientation et de la rigidité du droit du travail. Les jeunes seraient même responsables de leur propre sort car trop paresseux et trop rêveurs. Depuis le début de la crise économique et financière, beaucoup d’entre nous ont pris conscience que le problème est en réalité structurel et que notre modèle de société est désormais incapable de fournir du travail à tout le monde. Sur les bancs de l’école et de l’université, on nous enseignait que nous avions atteint la fin de l’Histoire, que tout était réglé : la paix dans le monde, la croissance économique infinie, le progrès et les nouvelles technologies qui libèrent l’humanité de tous ses soucis quotidiens. Il nous incombait d’apprendre les règles de ce monde, de les accepter docilement et, par nos efforts, de trouver rapidement notre place.

Nous sommes la génération de la reconstruction

Malgré les discours rassurants, quelque chose ne tournait pas rond. Nous détruisions notre environnement à marche forcée. Les écarts de richesse se creusaient à un niveau historique. Le chômage augmentait. Les déséquilibres commerciaux s’intensifiaient. Sans que personne ne le remarque, la finance devenait une ogresse affamée, complètement déconnectée de l’économie réelle. La crise de 2008 a été un formidable détonateur, un message surprise spécialement adressé à la jeunesse européenne : « Non, l’Histoire n’est pas finie. Pour vous, elle ne fait que commencer ». En effet, la génération « perdue » est celle qui aura le devoir de repenser, de reconstruire un monde devenu absurde, gonflé par l’argent virtuel. Indignés, les jeunes aspirent à changer le cadre, à changer les règles, à ne plus être dociles. Et dans la continuation du travail déjà accompli par nos parents, quel meilleur niveau que le niveau européen pour nous réunir et agir ? Grâce aux technologies avec lesquelles notre génération a grandi - internet, les réseaux sociaux, les blogs, la traduction simultanée - jamais nous n’avons été aussi proches les uns des autres, jamais nous n’avions autant échangé nos cultures, nos envies et nos inquiétudes.

Les Institutions européennes et les Etats-Membres refusent toujours de considérer la jeunesse comme leur bien le plus précieux. Dans leur persistance réside le danger que les jeunes perdent l’envie de découvrir et de construire ensemble. Ce repli sur soi signerait l’échec complet du projet européen et la disparition de l’espoir d’une identité commune. Pouvons-nous encore attendre de nouvelles volontés politiques en notre faveur ? Sans doute que nous n’avons plus ce luxe. Les jeunes devraient se réveiller et commencer tout de suite à penser et à construire une société européenne plus durable, plus équilibrée et plus intégrée. Nous ne sommes pas la génération « perdue », nous sommes celle de la reconstruction.

Par paskov - Publié dans : Réflexions - Communauté : EUROPE FEDERALE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 11:39

Il n'y pas que le système financier et économique qui se déglingue en Europe. Nous sommes également entré dans l'ère d'un dysfonctionnement permanent de la démocratie représentative. Parmi les citoyens, le rejet des solutions appliquées depuis 3 ans est si fort qu'il cherche à s'exprimer par tous les moyens.

 

La mécanique du naufrage démocratique est parfaitement huilée: d'abord nous assistons à des alternances systématiques. Aucun gouvernement à la barre ne survit aux élections: Les socialistes espagnols lors d'élections anticipées. La droite française plus récemment. Mais nous sommes déjà dans une autre étape! Dans les pays où le mode de scrutin est à la proportionnelle, les coalitions éclatent comme en Hollande et en Allemagne. La CDU perd en effet les élections les unes après les autres dans les länder.

 

Ensuite, La montée des extrêmes dans l'ensemble des pays européens inquiètent de nombreuses institutions établies. Même la Commission Européenne, d'habitude si neutre et technique, a lancé un signal d'alarme face à la montée des "populismes" en Europe, qui concentrent souvent leurs critiques à son endroit.

 

vote.jpgCette poussée est si forte qu'elle contraint les partis de gouvernements, droite et gauche modérées, à envisager des unions nationales. Des unions nationales qui à leur tour risquent d'éclater alors que le mécontentement populaire ne faiblit pas. Accueilli un temps avec faveur par les italiens, la popularité du gouvernement d'Union de Mario Monti est déjà en chute libre. Un tel scénario n'est pas à exclure même dans un pays aussi solide et binaire que la France, si François Hollande ne parvient pas à empêcher la montée du chômage et à tenir la moindre de ses promesses. 

 

La dernière catastrophe a eu lieu en Grèce:

Nouvelle Démocratie (conservateurs) : 18,85 % (108 sièges)

Syriza (extrême gauche): 16,78% (52)

PASOK (socialistes): 13,18% (41)

Grecs Indépendants (nationalistes); 10,60% (33)

KKE (parti communiste): 8,48% (26)

Aube Dorée (néo-nazis): 6,97% (21)

Gauche démocrate (gauche radicale): 6,11% (19)

Source : http://www.euractiv.fr/grece-resultats-definitifs-article

Il s'agit de la nouvelle et dernière étape dans le processus de désintegration de nos systèmes démocratique. Ensemble, les partis traditionnels (Nouvelle démocratie et PASOK) ne sont même plus assez représentatifs pour former une Union nationale. Ne reste qu'un paysage de partis refusant d'appliquer les solutions de l'UE et du FMI: la gauche radicale. Et très inquiétant, les partis nationalistes, identitaires, voire nazi qui semblent mieux en profiter... Les opinions au sein du même pays se retrouvent très divisées, coupées en 7 et radicalisées.

 

Cette mécanique semble aujourd'hui implacable et peut nous conduire au pire. Mais il ne suffit pourtant pas d'idées extraordinaires pour l'enrayer: reconnaître que l'offre politique actuelle est complètement déconnectée de la réalité, oser remettre en cause les dogmes de 50 ans, agir pour l'intêret général et protéger les plus faibles dans la tempête.

Par paskov - Publié dans : Actualite de la crise - Communauté : EUROPE FEDERALE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 30 avril 2012 1 30 /04 /Avr /2012 12:32

L'Espagne est à present pleinement entrée dans la spirale d'une dépression. Avec un quart de la population active et 52% des jeunes au chômage, elle se rapproche des seuils des années 30. Malheureusement, le pays n'est pas prêt de pouvoir remonter la pente quand on constate l'état du secteur privé. Les banques espagnoles possèdent encore 184 milliards d'actifs immobiliers pourris, une somme qui représente 60% de leur portefeuille.


Santander_zacisnie_pasa_4570683.jpgA ce sujet, le CEO de la plus grande banque d'Espagne Santander, Alfredo Saenz, a eu un mot d'humour (tout le monde espère qu'il sagit bien d'un humour du second dégré):

“Mortgages get paid in good times and in bad,” he said in a news conference at the bank’s headquarters outside Madrid. “Anyone raising this problem as one of the issues for the Spanish financial system is saying something stupid.”

("les emprunts immobiliers sont remboursés quand les temps sont bons et quand les temps sont difficiles. Quiconque soulève cette question comme l'un des problèmes du système financier espagnol dit quelque chose de stupide." ) Source: Le blog Alphaville du FT.


Le désendettement va donc se poursuivre, et on a pas encore vu le haut de la vague. Les autorités espagnoles et européennes souhaitent à tout prix éviter un sauvetage comme celui de la Grèce ou du Portugal, tout simplement parceque le pays est trop gros. Ils envisagent donc de créer une "bad bank" pour recueuillir tous les actifs pourris du secteur privé et réfléchissent à utiliser les fonds du Mecanisme de Stabilité Européen à cet effet.


En Europe, la liste des pays en récession s'allonge: La Grèce, l'Italie, l'Irlande, le Portugal, le Danemark, la Hollande, la Belgique, la République tchéque, la Slovénie, et pas des moindres, l'Angleterre! Il ne reste plus grand monde pour soutenir cette liste qui ne fait s'allonger.

 

Petit rappel: Une récession très brutale a eu lieu en 2008 et 2009, suivie d'un léger rebond en 2010 grâce aux multiples plans de relance qui ont tenus jusqu'a l'été dernier. Depuis la mi-2011, une nouvelle récession est engagée.


Quand une nouvelle récession a lieu moins de deux ans après la précédente, les économistes parlent du fameux "double dip" ou double creux. La force de la seconde vague est démultipliée car elle intervient à un moment où le système économique et financier n'a pas eu le temps de se renforcer. Même le rebond de 2,1% aux Etats Unis effraie les économistes, car il s'agit de la plus faible "reprise" depuis 1921. Preuve que notre génération est face à une situation qu'elle n'a tout simplement pas connue et qu'elle a du mal à saisir. Il ne reste que les livres d'Histoire pour tenter de se faire une idée de la suite des événements... 

Par paskov - Publié dans : Actualite de la crise - Communauté : actualités financières
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 26 avril 2012 4 26 /04 /Avr /2012 10:15

Article réalisé avec la collaboration d’Emeno Rosira, Chef de service Ressources Humaines à la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNI) au Gabon. 

 

A lire également: Le Gabon tente de sortir de l'économie de rente par la filière du bois


Conscients de la richesse et du potentiel de leur pays, les gabonais souhaitent bénéficier des perspectives de développement et y jouer un rôle actif. La liste des objectifs à atteindre est encore longue et il est indispensable de les garder à l'esprit. 

 

Réforme de l’Etat

Du fait d’une situation d'économie de rente, le secteur public est le premier employeur du pays. Au lieu de se satisfaire d'une telle anomalie, cet important corps de fonctionnaires pourrait contribuer au développement du pays. Il est nécessaire de créer un environnement qui conditionne les fonctionnaires à la culture de la réalisation d'objectifs précis: réforme du secteur de l'éducation, projets d'investissements, renouvellement des infrastructures, du secteur de l'énergie (voir les points suivants). Tous ces domaines d'activités sont naturellement interdépendants et devraient faire partie  d'une stratégie globale ayant pour but principal de sortir de l'économie de rente.

 

Qu’on fait les Etats « émergés » pour le devenir ?  Ils ont mis en œuvre une bonne gouvernance financière:

- Réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat, parfois aberrantes quand on admire le vaste parc de 4x4 à la disposition des hauts fonctionnaires...

 - Agir pour augmenter les recettes de l’Etat : Une grande réforme fiscale est nécessaire, tant pour l'efficacité des prélèvements que dans le calcul des taux et de l'assiette des différents impôts. D'autre part, un audit des réserves financières du pays devrait être réalisé à grande échelle au vu des recettes que produisent les ressources naturelles et minières. 200 entreprises implantées sur le territoire sont répertoriées comme ayant des chiffres d’affaire dépassant de plus de 2,5% le budget de l’Etat gabonais, mais quelle part revient à l'Etat?

- Exiger moins d’opacité budgétaire dans la présentation des budgets de fonctionnement et d’investissement des différents ministères à l’Assemblée Nationale ;

- Pallier au déficit de communication des ministres sur leur action afin d’améliorer la lisibilité par les citoyens de leur action.

 

 

L'éducation

Uni-gabon.jpgComme dans le reste de l'Afrique, la priorité absolue devrait être l'éducation. L'ignorance empêche l'émergence. Le niveau de l’éducation supérieure et des formations techniques est encore trop faible au Gabon. Quand les familles en ont les moyens, de nombreux jeunes préfèrent partir se former dans les universités d’autres pays africains, notamment au Bénin, et bien sûr en Europe. Les 60% d’emplois non pourvus par l’office national de l’emploi démontrent un terrible besoin en formation. Les gabonais ne sont même pas suffisamment formés dans certains domaines de base, notamment dans les métiers de la plomberie, de la mécanique ou de l’électricité pour lesquels, souvent, seuls les étrangers disposent des compétences nécessaires. Annoncé en grande pompe il y a trois ans, les premières pierres pour la construction de nouvelles écoles supérieures et universités technologiques notamment à Libreville et à Port-Gentil ont été posées. Depuis, ces projets semblent à l'arrêt!

 

 

Les infrastructures

 - Logement:

Un autre problème à traiter d'urgence est l'insuffisance manifeste de logements. Dans le centre-ville, Libreville a l’apparence d’une ville moderne, avec ses voies rapides, ses grands immeubles et sa promenade du bord de mer. Si on s’aventure à la périphérie, certains quartiers, rattachés de manière anarchique, sont de véritables bidons-villes. Il manque en effet beaucoup de logements et la population croît rapidement. En 2009, Le gouvernement avait promis 5.000 logements sociaux par an, soit 10 000 logements qui n'ont toujours pas été construits à ce jour

Ni l'Etat, ni la multinationale Veolia via la SEEG (Société d'Energie et d'Eau du Gabon) ne prennent réellement en compte l'évolution de la démographie et la situation des espaces habitables en matière d'approvisionnement en eau et en électricité. Même dans les meilleurs quartiers de Libreville, les habitants subissent incessamment des délestages d'électricité et des coupures d'eau qui troublent la vie quotidienne et provoquent la perte de matériels électro-ménagers si chèrement acquis dans de nombreux foyers. Si la situation ne s'améliore pas, il faut s'attendre à des troubles sociaux et à la multiplication des actions en dommages et intérêts.

 

- Réseau routier:

Dès qu’on sort de la capitale, on constate l’inexistence d’un réseau routier digne de ce nom. Quelques routes relient les principales villes du pays : Lambaréné, Oyem et Franceville. Port-Gentil, la deuxième ville du pays n'est accessible que par la mer ou voie fluviale. Quand on s’écarte de ces axes principaux, il ne reste que des pistes difficilement praticables, voire impraticables pendant la saison des pluies. Il est urgent que l’Etat gabonais utilise son budget de manière plus efficace et moins opaque pour se concentrer sur les nombreux besoins en infrastructure.

 

- Le transport maritime:

Golfe_de_Guinee432.jpgDe longue date, le Gabon a servi de terre d’accueil à des milliers de citoyens issus de certains pays du golfe de  guinée alors en bute à des difficultés de tout ordre, ce qui a favorisé une certaine mixité et de nombreux échanges culturels. Les pays du golfe - dont certains sont devenus des puissances pétrolières (Guinée équatoriale, Cameroun, etc.) - s’activent pour organiser leur développement et sont devenus fortement consommateur de services de transport. Par son histoire et sa situation géographique, le Gabon ne peut rester en marge de cette dynamique régionale.

En 1978, l’Etat gabonais crée la Compagnie Nationale de Navigation intérieure et internationale (CNI), un établissement à caractère industriel et commercial mais demeure aujourd’hui paralysée par le manque de capacité à pouvoir assurer de façon satisfaisante ses missions de base de transporteur économique et social des passagers et de fret classique, dans un contexte de marché ouvert et âprement disputé.

La prise en compte de cette approche d’ordre stratégique doit conduire l’Etat gabonais à soutenir la CNI afin qu'elle s’arroge des parts du marché de transport régional (Douala, Sao-Tomé, Malabo) et interrégional (Cotonou, Lomé, Ghana,…) qui vise tant le trafic passagers que celui du fret.

Par paskov - Publié dans : Afrique Potentielle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 24 avril 2012 2 24 /04 /Avr /2012 16:57
« Oh ! Moi, je suis un raté. Le peu que je sais, je le tiens de mon professeur, Albert Sorrel : “Que voulez-vous devenir ?” me demanda-t-il. — “Diplomate.” — “Avez-vous une fortune ?” — “Non.” — “Pouvez-vous avec quelque apparence de légitimité, ajouter à votre patronyme un nom célèbre ou illustre ?” — “Non.” — “Eh bien, renoncez à la diplomatie !…” — “Mais alors, que dois-je devenir ?” — “Un Curieux.” — “Ce n’est pas un métier.” — “Ce n’est pas encore un métier. Voyagez, écrivez, traduisez…, apprenez à vivre partout. Commencez tout de suite. L’avenir est aux curieux de profession. Les français sont restés trop longtemps enfermés derrière leurs frontières. Vous trouverez toujours quelques journaux pour payer vos escapades”. ».
 
Extrait du film Jules et Jim de François Truffaut (diffusé en 1962), adapté du roman de Henri-Pierre Roché (publié en 1953).
Par paskov - Publié dans : Réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 23 avril 2012 1 23 /04 /Avr /2012 11:25

Petite analyse des résultats du premier tour.


- Les grands perdants de cette élection sont ceux qui ont affirmé que la finance "n'était pas le problème": François Bayrou et Nicolas Sarkozy. La crise, le sauvetage des banques et la nécessaire moralisation de la finance sont désormais des notions bien ancrées dans la conscience collective sur lesquelles les électeurs attendent des positions fortes, voire radicales.


- Les grands gagnants de cette élection sont ceux qui ont fait du rejet du système leur combat, canalisant la colère ambiante. Le score de Jean-Luc Mélenchon, bien qu'inférieur aux attentes, est excellent pour la gauche radicale. De nombreux abstentionnistes sont sans doute également dans cette posture de rejet. Enfin, le Front National a realisé le score le plus important de son histoire, proche de 20%. Plus que lors de l'élection de 2002 (16,8%). Les deux grands partis "du système" représentent moins de la moitié de la population.


- Bien que molle, François Hollande a réussi sa campagne, justement en affirmant sa volonté de lutter contre les dérives de la finance. Sa victoire prochaine est quasiment assurée. Mais il ne bénéficie pas d'un véritable vote d'adhésion. Une grande partie des électeurs ont voté "utile" et attendent de pied ferme la mise en oeuvre de certaines de ses promesses. Sa tâche sera très délicate... Il peut très bien déclarer quelques jours après son élection que l'état des finances du pays est pire que les affirmations du gouvernement sortant et que sa marge de manoeuvre est réduite. Par ailleurs, si les taux de la dette publique augmentent, entraînés par la situation catastrophique de l'Espagne, et qu'il soit forcé de continuer dans le sens de l'austerité généralisée, il se retrouvera rapidement avec un pays en colère et ingouvernable. Le FN, quant à lui, continuera paisiblement sa progression.


Espérons que François Hollande conservera l'objectif prioritaire de soutenir l'économie réelle, et qu'il propose une nouvelle vision européenne fédéraliste, avec le soutien de la jeunesse comme priorité, sans laquelle nous sommes condamnéà des temps difficiles. Dommage qu'une telle vision n'ait pas même été évoquée lors de la campagne.


Par paskov - Publié dans : Actualite de la crise - Communauté : EUROPE FEDERALE
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 avril 2012 3 18 /04 /Avr /2012 09:45
Article réalisé avec la collaboration d’Emeno Rosira, Chef de service Ressources Humaines à la Compagnie Nationale de Navigation Intérieure et Internationale (CNI) au Gabon.
 
Le Gabon, dont la taille fait à peu près la moitié de la France et qui compte seulement 1,5 million d’habitants, est un pays extraordinairement riche en ressources naturelles. Comme beaucoup de ses voisins du golfe de Guinée,  il s’agit d’une économie de rente, qui repose presque uniquement sur l’exportation du pétrole, du bois et de minerais.
 
Membre de l’OPEP, le pays produit plus de 12 millions de tonnes de pétrole chaque année, un secteur dont Shell et Total sont les principaux exploitants. Après le pétrole vient le secteur du bois car le pays est recouvert à 85% par la forêt équatoriale. Plus de 400 essences d’arbres différentes sont répertoriées, dont environ 80 sont exploitées. On trouve par ailleurs au Gabon du manganèse (2ème producteur mondial, élément essentiel de nombreux alliages dont les aciers les plus résistants), mais également du fer et de l’or.
 
Quand on se promène dans les rues de Libreville, la capitale, on est immédiatement frappé par le niveau des prix des biens de consommation courante. La ville est la 12ème la plus chère de la planète, la 3ème la plus chère du continent. Quasiment rien n’est produit sur place. Les produits importés européens et asiatiques (produits ménagers, électroniques, matériel de construction, etc.) sont difficilement accessibles pour la grande majorité des gabonais. Seuls les produits alimentaires locaux que l’on trouve sur les marchés sont à des prix décents pour le niveau de vie du pays.
 
La filière du bois
 
Metiers-du-bois.jpgLa simple exploitation des ressources brutes empêche le secteur privé de se développer. En effet, le secteur public, peu efficace, est le premier employeur du pays et le chômage dépasse largement 20% de la population active (les estimations sont peu précises). Le pétrole étant exploité par les multinationales étrangères, c’est le secteur du bois qui tient la place du premier employeur privé. Le gouvernement a logiquement choisi cette filière stratégique comme point de départ pour tenter de sortir de l’économie de rente.
 
En novembre 2009, le gouvernement a annoncé son intention d’interdire les exportations de bois non transformé, une décision entrée en vigueur en janvier 2010. L’objectif de cette interdiction est d’encourager les investissements étrangers dans le secteur, en apportant les installations de transformation et l’expertise nécessaires au développement des infrastructures, à la création d’emplois et à la formation de la main-d'œuvre. Pour accompagner cette interdiction, de nouvelles usines de transformation sont projetées par la Société Nationale des Bois du Gabon (SNBG), détenue à 51% par l’État et à 49% par des sociétés d’exploitation forestière privées.
 
En décembre 2010, il a été décidé la mise en place d’un fonds de 20 milliards de francs CFA (30,5 millions d’euros) pour aider l'industrie du bois à opérer sa transition. Le gouvernement a par ailleurs décidé avec le programme de conversion de dette entre la France et le Gabon d’injecter 970 millions de francs CFA (1,5 million d’euros) dans le secteur afin de créer le Bureau Industrie Bois, un organe administratif chargé d’appuyer l’industrialisation du secteur forestier, mais aussi de dispenser des formations aux opérateurs industriels et développer leurs compétences.
 
Le but de la reconversion de la filière est de produire des bois transformés avec le label « made in Gabon » et de créer ainsi de nombreux emplois locaux tout en évitant une exploitation sauvage des ressources forestières du pays. Tel serait le cas si les autorités décidaient de brader la forêt et de vendre des concessions aux entreprises étrangères les plus offrantes dans l’opacité ! En effet, le Gabon est un pays aux très nombreux parcs nationaux abritant parmi les espèces les plus rares et les plus variées de la planète.
 
Un grand projet d’investissement : La zone économique spéciale de Nkok
 
La zone économique spéciale (ZES) de Nkok, haut lieu de la filière bois, est un excellent exemple du potentiel et de l’attractivité du Gabon pour les investisseurs du monde entier. Ce projet qui a démarré en 2010 est un partenariat entre la République gabonaise et le groupe Olam Singapour. Olam détient 60% du capital et le Gabon 40%. Selon les chiffres avancés par les différents investisseurs, l’investissement est de l’ordre de 900 millions de dollars par an sur trois ans.
 
nkok.jpgSituée à 27 Km de Libreville, la ZES est répartie en deux principales zones : une zone industrielle, qui regroupe 75% des actions (on y retrouve les principales industries du bois, les unités de services et d’autres infrastructures), et les 25% restant, qui représentent la zone non industrielle : le quartier résidentiel, le secteur commercial et les loisirs. Sur le même site, d’autres activités seront mises en œuvre: une compagnie locale va développer une usine de transformation de ferraille ; une société s’est positionnée dans la production de ciment, la distribution d’essence avec Petro Gabon, le commercial avec M2H, l’immobilier avec SCI Sapa, la résidence d’accueil avec SCI Nayah, ou la pâte à papier avec Ellora Papermills.
 
Les investissements concernent les infrastructures pour l’accès au site bien sûr, mais également les énormes besoins en électricité. Sur place, une usine utilisera les déchets de bois comme matière première. Un autre projet de production d’électricité dans la zone de Fougamon qui utilisera l’hydraulique sera indispensable.
 
 
A suivre: "Réunir les conditions pour le développement du Gabon"
Par paskov - Publié dans : Afrique Potentielle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 17 avril 2012 2 17 /04 /Avr /2012 10:45
Dans la plupart des cas, les campagnes de sensibilisation sur les problèmes de l'Afrique évitent soigneusement d'aborder le potentiel et l'avenir du continent. La très grande majorité des européens et plus généralement ceux qui n'ont jamais posé le pied en Afrique subsaharienne ont la vision d'un continent ravagé par la guerre, la misère et une courte espérance de vie. Promouvoir l'Afrique en tant que continent jeune, dynamique, plein d'espoirs et d'opportunités est un travail de longue haleine que de nombreux acteurs de la societe civile s'efforcent de mener depuis des années. Ainsi est venue l'idée de contribuer modestement à cet effort par l'intermédiaire de proches amis et de nombreuses autres personnes qui ont une expérience de l'Afrique quotidienne, d'une société souvent beaucoup plus vivante que la nôtre. La série d'articles "Afrique Potentielle" s'inscrira dans la durée au fil des contributions.

Le "retard" des pays africains par rapport aux pays de l'occident ne doit pas être vu seulement comme une tare, mais comme une chance de ne pas répéter les erreurs qui ont été commises en Occident: une finance spéculative et déconnectée de l'économie réelle, la destruction de l'environnement et une jeune génération "perdue". En effet, les Etats africains sont de moins en moins assistés, de plus en plus indépendants, n'hésitant pas à changer de partenaires commerciaux sans crier gare, négociant notamment avec la Chine, l'Inde ou Singapour. Nous avons en réalité exporté plus de problèmes que de solutions: en imposant des différents modes de pensée; en s'ingérant dans la politique locale. Aujourd'hui, nous laissons les spéculateurs jouer sur les marchés mondiaux des matières premières, étouffant un jour les consommateurs occidentaux, tuant le lendemain un nombre considérable de producteurs africains.

Nous serions de biens meilleurs partenaires pour l'Afrique dans une relation d'égal à égal. Leur croissance et leur développement est un processus naturel qu'il convient d'accompagner et dont nous pourrions également être les bénéficiaires. Dans cette série, nous dessinerons des pistes de réflexions, des exemples de projets concrets, qui laissent entrevoir un potentiel de développement gigantesque.

afrique1.jpg
Par paskov - Publié dans : Afrique Potentielle
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 11 avril 2012 3 11 /04 /Avr /2012 09:30

Avec la crise, nous avons enfin découvert la solution ultime pour régler le problème des retraites et de la démographie vieillissante: Couper dans les dépenses de la santé publique! Et réduire ainsi l'espérance de vie. Facile!

N.B: ça a très bien marché en Russie.


Justement, une blague russe qui circule:" la situation économique s'est tellement dégradée qu'à présent, les femmes se marient par amour".

 

 

La crise permet également de confirmer certains faits universels: 

- Selon une récente étude mondiale du Earth Institute de l'Université de Columbia, les gens plus riches sont en moyenne plus heureux que les plus pauvres. Dire qu'on a essayé de nous faire croire le contraire!

 

La crise est une excellente excuse pour se justifier quand on ne trouve pas de travail et qu'on ne doit plus se lever tôt.

 

La crise permet d'imaginer une société nouvelle, comme par exemple en Grèce où les policiers offrent leurs services! Une révolution! Le tarif de base est de 30 euros de l'heure pour assurer la sécurité de votre anniversaire ou un autre événement privé. Pour bénéficier en plus d'une voiture d'escorte, il faudra rajouter 40 euros de l'heure, et 20 euros pour un motard.

(veridique) Source : http://www.euractiv.fr/cannabis-gardes-corps-visages-louer-systeme-crise-article

Plus sérieusement, la crise est un incroyable message adressé à la jeunesse européenne: Notre génération soit-disant "perdue" endossera d'ici très peu de temps la responsabilité immense de repenser et de reconstruire un monde devenu absurde.


Si vous aussi, vous voyez les bons côtés de la crise, n'hésitez pas à siffloter "Always look at the bright side of life!"


 
Par paskov - Publié dans : Réflexions
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 4 avril 2012 3 04 /04 /Avr /2012 08:21

L'Union Européenne est en récession. Les indices manufacturiers du mois de mars (PMI) montrent clairement que l'activité industrielle se rétracte. Les ventes d'automobiles chutent brutalement. Le chômage n'en finit plus de battre des records (10,8% de moyenne dans la zone euro). La récession s'amplifie naturellement par les politiques d'austérité mises en oeuvre de façon coordonnées dans toute l'Europe.


Face au mur du grand désendettement public et privé qui s'effondre sur nous, il devient de plus en plus difficile de trouver les fonds nécessaires pour boucher tous les trous. Sauver telle banque, garantir la dette de tel pays ne pouvant se financer sur les marchés, soutenir telle industrie qui accumule les pertes. Le jeu devient très delicat car les caisses se vident à grande vitesse. Les Etats Membres de l'UE s'efforcent de créer un "Mécanisme européen de stabilite" dont la taille (800 milliards tout de même) ne suffirait a sauver qu'un seul pays de taille moyenne comme l'Espagne. Il ne reste alors plus qu'une seule solution: faire tourner la planche à billets!


Le système bancaire européen, censé être "sain", a été sauvé de justesse en décembre et janvier derniers par l'injection de 1000 milliards d'euros, prêtés à 1% sur 3 ans par la Banque Centrale Européenne (BCE), sans oublier le rachat de dettes publiques des PIGS sur le marché secondaire. Au total, ces opérations ont conduit à une forte augmentation de l'actif de la BCE, passé de 2 000 milliards d’euros fin 2011 à 3 000 milliards en mars 2012, dépassant celui de la Federal Reserve des Etats-Unis. Autrement dit, tout notre système bancaire et financier ne tient plus que grâce à la planche à billets.


Cette politique massive de création monétaire a permis un court répit de la crise de l'euro. En effet, les banques  ont acheté de la dette publique italienne et espagnole et les taux sur des dettes souveraines se sont stabilisés (aux alentours de 5%, encore beaucoup trop haut pour être soutenable...). Malheureusement l'injection n'a eu aucun effet sur la récession qui s'installe. Les banques européennes sont si fragiles qu'elles n'utilisent pas ce cadeau grandiose pour relancer le crédit à l'économie. Effrayées par les réglementations à venir et la conjoncture, elles préfèrent augmenter leurs fonds propres, réduire leur dimension et leur offre. Des dizaines de milliers d'emplois - la dernière variable d'ajustement - ont été supprimés ces derniers mois au sein de toutes les grandes banques.


hyperinflationDans l'Histoire, l'activation de la planche à billets a souvent été synonyme de solution de la dernière chance, d'hyperinflation et de temps troubles. Créer de la monnaie sans véritable création de richesse entraîne de surprenantes variations des prix. Difficile d'imaginer qu'à l'epoque de l'entre-deux-guerres en Allemagne, un dollar valait 420 marks en juillet 1922 et 49 000 en janvier 1923. L'Euro n'est pas une monnaie de réserve comme le dollar et personne ne sait exactement ce qui se va passer à moyen terme quand la BCE multiplie l'offre de monnaie aussi rapidement. Concernant le risque d'inflation, deux éléments permettent de se rassurer à court terme: La récession, le chômage élevé, le recul des salaires réels, le désendettement du secteur privé empêchent l'inflation de se manifester. D'autre part, sur le marché mondial des changes, l'euro est un moyen pour de nombreuses puissances émergées, notamment la Chine, de diversifier un peu leurs réserves et ne de plus compter que sur le seul dollar.


Paradoxalement, si nous continuons de plonger dans la récession, nous resterons protégés de l'inflation. Mais pour combien de temps? L'absence de croissance, l'absence de recettes dans les caisses des Etats, des entreprises et des banques conduiront sans doute la BCE à renouveler de telles créations monétaires, augmentant les risques. Nous sommes dans un cercle vicieux dont nous ne pourrons pas sortir sans des mesures beaucoup plus radicales que le scotch et les bouts d'élastique envisagés par nos élites. Depuis l'effacement de 100 milliard de dette publique grecque - première victoire des Etats sur les marchés financiers  depuis 3 ans - ces derniers semblent se rendre à l'évidence que toute la dette publique et privée ne pourra pas être remboursée.

Par paskov - Publié dans : Actualite de la crise - Communauté : actualités financières
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mardi 27 mars 2012 2 27 /03 /Mars /2012 10:20

La musique éléctro n'est pas un simple effet de mode. Elle a modifié notre rapport à la musique, influant et réinvantant tous les styles: rock, pop, jazz, etc. Plus accessible grâce aux softwares intelligents, plus précise que le monde acoustique. Des groupes comme Pink Flyod n'ont pas hesité a l'intégrer dans leurs compositions dès qu'elle fut accessible.

Cependant elle a une identité propre, née dans les laboratoires de certaines universités pendant les années 50 (Columbia), puis atteignant les studios de productions populaires dans les années 70. La volonté de certains ingénieurs-compositeurs de créer une musique entièrement éléctronique et les progrès de l'informatique ont donné naissance à des sons bruts et puissants. Longtemps négligés, voire méprisés, ces sons "premiers" sont revenus à la mode récemment grâce au film Drive. Ils semblent qu'ils vont nous accompagner encore longtemps...


Les sympathiques pionniers de Kraftwerk, un groupe de Düsseldorf, ont été les plus emblématiques des années 70. Ils sont fans du Vocoder, un instrument qui fabrique des sons synthétiques à partir de la voix humaine.

 


 

Dans un autre registre, Evangelos Odysseas Papathanassiou, plus connu sous le nom de Vangelis, s'est spécialisé dès les années 70 dans la "space music" accompagnant souvent des films. Bien avant Blade Runner, Les chariots de feu ou 1492, il a composé une série de perles pour les documentaires TV.

 


 

Enfin, Herbie Hancock, un des plus grand jazzmen encore vivant, s'est lancé dans la production d'albums reposant surtout sur les impros et les rythmes sortis du principal instrument des electrofreaks: le synthé! (1973)

 


Par paskov - Publié dans : Musique
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

  • : Avec ce blog je souhaite faire partager certaines pensées errantes, mais également des positions, des critiques sur les questions européennes et d'actualité. Une rubrique "contes cruels" parce qu'il faut laisser libre cours a son imagination. Et bien sûr, un peu de cinéma et de musique pour s'évader de temps en temps. Bonne lecture!
  • Contact

Catégories

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés